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Rentrée scolaire: c'est parti!

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Le lapin lyriqueLa pomme rougeUn démocrate : Mick Jagger, 1960-1969JaïLes fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaireMillénium 1: les hommes qui n'aimaient pas les femmes

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Nicolas Bouvier
Photo Jean Möhr

«La vie m'apparaît comme une aventure drolatique et pathétique qui se conclut par une disparition» N.Bouvier (1929-1998)

      Bouvier : un tel nom ne prédestinait pas l'homme à une vie urbaine immobile.
      Ce cow-boy des grands espaces ―«l'espace est ma drogue» dit-il―, ce vacher qui s'illustre mieux à dompter une Fiat Topolino sur les pistes afghanes qu'un boeuf dans les alpages helvétiques(!), a vu loin. Loin comme un voyage caressant les frontières traîtres et délicates, infaillibles, de la mort. Et d'avoir disparu, ses écrits demeurent éternels.
Nicolas Bouvier se définit comme voyageur-écrivain. Ma grande affection pour l'oeuvre de ce discret érudit, sauvage et libre esprit, élégant passeur de sons et d'images, m'autorise-t-elle à affirmer le contraire : Ecrivain-voyageur?.. en ce sens qu'une telle plume ne s'entretient et ne s'affine que par la constance d'un grand labeur. Le voyage n'est-il pas tout du moins la source d'inspiration, le fruit de l'imagination, la route nourrissant les racines du verger?

      Bref, vaine querelle d'appartenance! J'en viens aux faits : Permettez-moi de n'attendre point l'hiver 2008 (dixième anniversaire de la mort de Bouvier) pour fêter notre homme de lettres et d’images, alors qu'Ella Maillart, disparue il y a dix ans tout juste, à la question de connaître l'état de la route Genève-Madras, répondait à son compatriote zélé en 1952: «Partout où des hommes vivent, un voyageur peut vivre aussi»

      «Chaque voyage est le plus beau voyage du monde. Ce qui fait le voyage, ce n'est ni la longueur ni la durée, ni ce que l'on appelle les merveilles, les chefs d'oeuvre qu'il peut nous arriver de voir. Le voyage est d'abord fait de lui-même. C'est un espace longiligne, dans lequel, comme une fissure de la planète, tombent images, profils, mots, sons, monuments et brins d'herbe. On peut faire dix mille miles sans avoir voyagé pour autant; on peut faire une promenade, et la promenade peut devenir cette fissure, être voyage.» écrit G.Manganelli dans Italies excentriques paru aux éditions Gallimard (Collection Le Promeneur/2006).
       Cette fissure, cet espace longiligne, Nicolas Bouvier les dessine enfant, en rêvant sur les cartes géographiques. Puis la brêche se traduit à l'âge adulte par un état de manque. Il dira à ce titre que c'est ce dernier qui pousse au départ, qui encourage l'aventure.
       Un état de manque ―«On voyage pour que les choses surviennent et changent; sans quoi on resterait chez soi» ― se passe de motifs. Le voyage ne se justifie pas même, au contraire du tourisme qui nécessite une stricte organisation et qui ne défie que très rarement les lois d'une incertaine folie aventureuse. On fait du tourisme peut-on affirmer sans risque comme on fait du sport (n'entendons pas même certains dire qu'ils ont fait un pays... tout un programme!), quand nos emplois du temps bien chargés nous le permettent. A contrario : «On croit faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait» écrit Bouvier.

Plutôt qu'un éloge supplémentaire de L'usage du monde, je ne puis résister à l'envie de vous présenter quelques fragments de ce livre culte. Suivra la présentation d'une riche bibliographie. Nous nous tenons, chers amis lecteurs, à votre disposition pour vous faire découvrir et partager notre passion.

Bonnes lectures.

Stéphane, rayons Voyage

 - Retrouvez des interviews filmées de Nicolas Bouvier dans les archives de télévision suisse!

 - Un site entièrement consacré à Nicolas Bouvier


Une orchidée qu'on appela vanilleUne orchidée qu'on appela vanille

Description véritable de l'histoire, des tribulations et vertus d'une plante aromatique.
On ne peut que remercier Bouvier qui ressortit de ses tiroirs en 1997 ce texte. Il nous offre toujours de partager ...

Le poisson-scorpionLe poisson-scorpion

Voyage intérieur après un long périple (L'usage du monde), Nicolas Bouvier va chercher ses mots au bout de son coeur et de ses tripes. Malade, dépressif, il dira lui-même de ...
Le vide et le pleinLe vide et le plein

Ces carnets du Japon sont à prendre avec délicatesse. Le titre, qui n'est pas sans évoquer Le dehors et le dedans, renvoie aux lignes délicates d'une fuite où le plein ...
Le hibou et la baleineLe hibou et la baleine

D'accord, Nicolas Bouvier est certainement l'un des plus grands écrivains-voyageurs de son temps, voire le plus grand. Mais il est aussi un poète, un nouvelliste redoutable, ou aimable. Ce titre ...
La guerre à huit ansLa guerre à huit ans

Nous retrouvons l'écrivain voyageur suisse dans sa plume inimitable, brodée d'humour, dans ce voyage à travers le temps, sédentaire, où l'âge et son hypothétique poids s'efface pour laisser place aux ...
Dans la vapeur blanche du soleil : les photographies de Nicolas BouvierDans la vapeur blanche du soleil : les photographies de Nicolas Bouvier

Décidément, cet homme est remarquable. Il est l'auteur d'un nombre respectable de livres qui ne sont plus à présenter. Mais sorties de derrière les fagots (tiroirs obscurs que l'humilité a ...
Le vent des routesLe vent des routes

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L'usage du mondeL'usage du monde

"fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations."

"Si je n'étais pas parvenu à écrire grand chose, c'est qu'être heureux me prenait tout mon temps."

"Toutes les ...

L'oeil du voyageurL'oeil du voyageur

Somptueux livre de photographies signées Bouvier. Son voyage vers l'Orient fera de lui un immense écrivain (L'usage du monde) doublé, cet ouvrage nous le confirme, d'un délicat photographe. Aussi, découvrirez-vous ...
22 Hospital street (dvd-ROM)22 Hospital street (dvd-ROM)

Sur le voyage de l'auteur à Ceylan en 1955.
Voyage immobile (qu'il raconte dans Le poisson scorpion) où, confronté à la maladie, son quotidien le maltraite sur les crêtes dangereuses ...

Journal d'Aran et d'autres lieuxJournal d'Aran et d'autres lieux

Balade érudite et profondément humaine sur ce bout de terre du far west irlandais où l'auteur, jouant à l'insulaire, rend «conte» d'anecdotes et de savantes pensées, ainsi que du problème ...
Chronique japonaiseChronique japonaise

« "Le voyageur, écrit Nicolas Bouvier (1929-1998), est une source continuelle de perplexités. Sa place est partout et nulle part. Il vit d'instants volés, de reflets, de menus présents, d'aubaines ...
Le Japon de Nicolas BouvierLe Japon de Nicolas Bouvier

Le Japon est sans doute la civilisation étrangère qu'il connaitra le mieux et l'on découvre ici un Bouvier remarquable photographe, portraitiste sensible. Ce beau livre transpire d'honnêteté.
Une promenade dans ...

Témoins d'un monde disparuTémoins d'un monde disparu

Ce petit livre présente vingt photos parmi les plus surprenantes de la célèbre voyageuse (1903-1997), et le plus beau portrait qui fut écrit sur elle, celui de Nicolas Bouvier. ...
La chambre rouge et autre texteLa chambre rouge et autre texte

Ce petit texte montre combien Bouvier, au regard de mon introduction, peut écrire sans bourlinguer. La description de ce chaleureux petit espace est belle et délicate, sans fioritures mais toujours ...
Bleu immortel : voyages en AfghanistanBleu immortel : voyages en Afghanistan

Chassé–croisé de photographies et de textes d'Ella Maillart, Anne-marie Schwarzenbach et Nicolas Bouvier.
Regroupe des essais et réflexions concernant leur périple respectif dans les années 30/40 pour nos voyageuses suisses ...

Le corps, miroir du monde...Le corps, miroir du monde...

Publié à l'occasion d'une exposition où Jean Starobinski tiendra son rôle, Bouvier l'iconographe rassemble dans cet ouvrage des illustrations sur le thème du corps et ses représentations inhérentes à la vie ...
Histoire d'une imageHistoire d'une image

Ombres, bêtes et fantômes... tant d'histoires sur autant d'images! A picorer çà et là comme un recueil que l'on se retient d'achever... ...
L'art populaire en SuisseL'art populaire en Suisse

Attaché à ses terres, stimulé par une insatiable curiosité, Bouvier a rassemblé une importante collection d'images. Mobiliers, costumes, verres peints, enseignes, textiles... tant d'objets pour décrire et illustrer l'art populaire ...
Oeuvres complètesOeuvres complètes

Ce livre rassemble, comme le titre l'indique, tous ses écrits littéraires précédemment cités et compte 1300 pages. ...
Charles-Albert Cingria en roue libreCharles-Albert Cingria en roue libre

En roue libre, comme un dialogue en ce sens que Bouvier connait Cingria (1883-1954) pour avoir lu ses chroniques, ses proses, ses récits fantastiques ainsi que ses traductions, il cherche ...
Le dehors et le dedansLe dehors et le dedans

Sa poésie est ciselée, tendre, rugueuse, dure, amoureuse. Ici rassemblée dans sa version définitive: 1953 – 1997. Tout un monde. Extra-ordinaire. ...


Avec et autour de Nicolas BOUVIER
A marche forcéeA marche forcée

Quand l'Histoire fait le marcheur... Nulle certitude que l'histoire est vraie, nul doute que, fiction ou réalité, on lit dans les pas de ce marcheur de l'impossible. Prouesses physiques quand ...
Peindre, écrire chemin faisantPeindre, écrire chemin faisant

Thierry Vernet, son ami de L'usage du monde a eu cette correspondance avec sa famille et sa future épouse, Floristella. Thierry Vernet (1927-1993) est peintre. Nous connaissons ses croquis taillés ...
Indigo Street...Indigo Street...

C'est à l'occasion de son tout premier séjour au Japon en 1989 qu'Eric Rechsteiner découvre Chronique japonaise. Depuis lors, il est toujours revenu dans ce pays, le Japon, et n'a ...
Les leçons de la rivièreLes leçons de la rivière

"Les leçons de la rivière La ressemblance, fraternelle, des deux hommes repose sur la pratique d'un seul et même art : la calligraphie. Dans les pierres de la rivière, dans ...
Autour de Nicolas BouvierAutour de Nicolas Bouvier

Textes et dessins autour du personnage et de l'oeuvre de Bouvier. Bel hommage! ...
Thierry Vernet PeintreThierry Vernet Peintre

Peinture à l'huile et à l'aquarelle de portraits, de paysages urbains et de natures mortes d'où surgissent, avec tristesse et lyrisme, les petits instants de la vie. ...
Routes et déroutesRoutes et déroutes

Menée par Irène Lichtenstein-Fall, journaliste littéraire pour la radio et la télévision, cette rencontre nous permet de découvrir plus encore Nicolas Bouvier dont elle connait l'oeuvre parfaitement, posant ainsi les ...
Boissonnas, une dynastie de photographesBoissonnas, une dynastie de photographes

Nicolas Bouvier, photographe à ses heures -et ces heures nous ravissent-, produit ici un beau travail de recherches sur et autour de la famille Boissonnas, turbulents genevois. On découvre des ...
Récits du dernier siècle des voyages : de Victor Segalen à Nicolas BouvierRécits du dernier siècle des voyages : de Victor Segalen à Nicolas Bouvier

Si la littérature viatique occupe une place de choix dans le domaine de la recherche comme dans le coeur de nombreux lecteurs, il semble toutefois que les textes de voyage ...
Nicolas BouvierNicolas Bouvier

Des livres-merveilles comme L'Usage du monde, Chronique japonaise ou Le Poisson-Scorpion, ne sont pas seulement les récits d'un périple ou le journal de séjours en Orient. Anne Marie Jaton détruit ...
Les écrivains voyageurs au XXe siècleLes écrivains voyageurs au XXe siècle

Le récit de voyage est l'un des plus anciens genres littéraires : Hérodote, Jean de Léry, Nerval, Gautier, Stendhal se sont essayés à cette littérature du «nomadisme». Si le XIXe ...


Michaux - Bouvier : Frères de lieux et de lettres.
A force d'écouter, en douceur, les soirs de longs hivers, Nicolas «se raconter» sur ces merveilleux supports que sont le cd et le dvd (le vent des routes, le hibou et la baleine c/o Zoé), scotché comme un rejeton aux lèvres de son grand-père, je n'avais que trop de plaisir à l'entendre citer Michaux pour ne pas envisager un jour des lectures de ce dernier. Notre ami Suisse dit qu'il «le vendrait» même pour commenter un match de football. Peut-être alors le ballon rond m'eût-il plu davantage? (mon intérêt pour ce dernier naquit, comme un élan chauvin sur la pelouse circonspecte de mon cerveau, un jour d'été 1998 — pour toute consolation!)
Aussi, après avoir lu sa poésie (Plume, Poteaux d'angle, Misérable miracle, La nuit remue...), je me suis intéressé à ce que l'on peut nommer ses récits de voyage, encore que l'appellation n'ait vu le jour officiellement qu'à l'aube des années 90 avec notre chef de file qui n'est plus à présenter (consacré à Saint Malo dès les premières sessions par Michel Le Bris) — et que Michaux ait écrit ceux-ci bien plus tôt (années 1930). L'auteur belge me semble être le grand frère de Bouvier. Un frère qui malgré les trente ans qui les séparent est extrêmement proche de son cadet. Un frère spirituel. Un frère d'ancre. Et d'encre. On sait que Bouvier a rencontré et apprécié Jacques Lacarrière, Jacques Meunier, Kenneth White, ses autres grands confrères voyageurs contemporains. Quant à Michaux, j'ignore. La rencontre est de toute manière littéraire. Surréaliste.

Je ne parle toutefois pas de rapports filiaux. Bouvier avait un père et s'en accommodait parfaitement (lire Routes et Déroutes (Metropolis), repris dans Oeuvres/Quarto Gallimard): ce bonhomme qui l'encouragea à partir pour voyager un petit peu par procuration parce qu'il n'avait pu le faire. Et pour notre plus grand bonheur de lecteurs gourmands.

Les deux «écrivains-voyageurs» ont l'art de raconter le paysage, la concision collée au corps, à la manière des Gracq, Laurie Lee, Jan Yoors. Une écriture alors au fusain, vive et précise. Ils racontent merveilleusement les gens, ce sont deux amoureux. Pas des amoureux béats, ils sont critiques, taquins, parfois même vindicatifs mais toujours ont le souci du mot juste ; qu'importe s'ils choquent!.. ce sont de savants hommes libres, en ce sens qu'ils sont sages. La bourlingue, si elle déforme le périmètre de ses carcans, produit chez celui qui se donne une incroyable sagesse, de cette sagesse allumée, éclairante et parfois illuminée. Tous deux ont une sensibilité à fleur de peau que le voyage a su canaliser et l'écriture magnifier. Lorsqu'ils s'accordent le droit d'une sérieuse observation sociologique, ce n'est qu'en véritable connaissance de causes, après avoir dévoré des bouquins d'histoire et développer cette belle intelligence de cœur. Et pour mieux apprécier les méandres et miasmes de leur Europe natale. Si leur sensibilité est à fleur de peau, s'ils caressent moultes civilisations, ils n'effleurent rien. Ils «rentrent dedans», apprennent, veulent connaître et deviennent érudits.

Quand vous lisez Un barbare en Asie, il semble que Bouvier s'en soit servi d'ébauche pour écrire Chronique japonaise, L'Usage du monde, ou Le vide et le plein ; non qu'il y ait plagiat (latin: plagiarius, «celui qui vole l'esclave d'un autre ou vend une personne libre» — Bouvier serait plutôt de ceux qui achèteraient la liberté en payant l'esclave d'un autre le rendant ainsi libre), évidemment, mais il vous semble que le texte de Michaux est une genèse de l'œuvre du «petit frère». Et Ecuador semble avoir enfanté Le poisson-scorpion.

Quand ils n'écrivent pas, ils sont artistes. Michaux peint, Bouvier photographie. L'un s'intéresse au théâtre, la comédie le fascine, il joue si peu, entier, écorché qu'il est. Le plus jeune est passionné de musique, a même frôlé la carrière de musicien et joue de divers instruments l'air de rien, comme ça, suspendu aux notes... un faux dilettante!

On a en somme la vive impression que pérégriner les aide à vivre... et à mourir.
De grâce chers amis lecteurs! Plongez-vous dans la musique des mots de Michaux, Bouvier toujours à portée de main, naturellement, et voyagez!


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