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La garnde falsification, l'art contemporain
Jean-Louis Harquel
(Godefroy Jean-Cyrille - Avril 2009)

Comment le principe élémentaire selon lequel "l'art est une représentation du monde transfiguré par l'oeil et la main de l'artiste" a-t-il pu être aussi aisément nié par l'art contemporain et comment ce dernier est-il parvenu à trouver une légitimité infaillible? Voici les deux principales interrogations qui fondent l'excellent essai de J.L. Harouel.
Pour comprendre le processus de "falsification" de l'art il faut remonter selon l'auteur à la philosophie romantique allemande issue du néoplatonisme selon lequel l'univers visible n'est qu'une apparence: derrière le monde réel se cache une réalité spirituelle profonde à laquelle n'ont accès que les initiés.
Jusque là rien de dogmatiquement dangereux pour l'art au contraire.
Les choses deviennent plus hasardeuses dès lors que l'on considère l'artiste comme un élu de Dieu qui accède par le biais de son intuition à l'essence même du monde. La conséquence directe de cette sacralisation de l'artiste a été désastreuse en ce sens où elle a poussé les peintres non plus à peindre ce qu'ils voient mais ce qu'ils pensent. L'artiste a remplacé l'art!
Plus grave encore, si l'on admet qu'il est en communication directe avec le divin et avec l'âme du monde il n'est plus question de savoir si ce qu'il réalise est beau ou pas, qui oserait cririquer le divin? Et voilà comment on est parvenu à légitimiter les "boîtes de merde d'artiste" de Manzoni!
Pourtant, il résulte de la lecture de l'essai de J.L. Harouel non pas une colère ou une exaspération qui ne peuvent à elles seules fonder une pensée solide, cohérente et convaincante , mais plutôt une affliction, un désarroi teinté d'une touche d'espoir:
"En attendant, le projet d'un tableau peint de manière strictement traditionnelle, reproduisant et transfigurant le réel (...) constitue en art l'idée la plus révolutionnaire qui soit".

Prix : 15€

Conseillé par Rosalie


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