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Limonov Prix Renaudot 2011

Emmanuel Carrère

P.O.L.

  • 12 juin 2016

    Certaines scènes de la vie du très spécial Limonov restent assez crues, mais l'histoire de la Russie contée par Emmanuel Carrère à travers le regard de sa maman est passionnante. Une écriture très fluide. gracedubois


  • par (Libraire)
    17 septembre 2012

    Limonov

    Entre reportage et roman, Emmanuel Carrère retrace la vie d'Édouard Savenko, dit Édouard Limonov. Poète d'avant-garde sous Brejnev, il émigre à New York en 1979, s'installe à Paris dans les années 80, retourne en URSS en 1989 où il assiste à la chute du communisme et au rétablissement de la Russie. Chef du parti néo-bolchevik-nationaliste (les nasbols), il prend parti du côté des Serbes dans le conflit serbo-croate, mais soutient aussi la journaliste Poliktovskaïa, puis fait de la prison pour ses positions anti-Poutine. Avec un ton juste, Carrère retrace dans le détail la dissidence des années 70 en Union Soviétique, la dèche à New York où il finit par atteindre une certaine notoriété par ses livres : on y croise Noureev, Warhol, Soljenitsyne, Sakharov. Puis à Paris, Jean-Edern Hallier, qui les ouvre les pages de sa revue,L'Idiot international, Sollers ... et tout le milieu intellectuel des ces années-là. L'expérience de la glastnost de Gorbachev le pousse à retourner dans son pays natal où la déception vient bien vite remplacer l'enthousiasme né de l'écroulement du système soviétique. Carrère montre bien que ce que les Occidentaux prennent pour une libération est très vite vécu par les Russes comme une humiliation de leur pays. L'arrivée de Poutine au pouvoir, .... Le propos c'est bien sûr de montrer l'engagement ininterrompu de Limonov dans son temps. Ce livre laisse le lecteur à la fois fasciné, admiratif, mais aussi critique dans certaines des prises de positions de Limonov, car l'Histoire n'est jamais écrite d'avance. S'il restitue très bien les événements marquants en Europe ces 50 dernières années, l'auteur nous fait également réfléchir sur ce qu'est l'engagement.


  • par (Libraire)
    17 septembre 2012

    Limonov

    Portrait entre biographie et roman d'Edouard Limonov, personnage trouble et charismatique, poète et politicien, nationaliste et communiste. Emmanuel Carrère emmène le lecteur sur le parcours d'un homme qui a toujours voulu être le premier au risque de toujours être à contre-courant des événements mais traçant malgré tout sa route au travers des aléas de la grande histoire. Emmanuel Carrère parait un peu envieux mais surtout très admiratif. Au long de ce récit, il établit quelques parallèles entre sa vie et le parcours de Limonov qui forcément font sourire à mesure que l'on découvre l'ampleur de la vie de ce dernier. Justement Limonov s'est construit un personnage et sa vie, qu'il mène comme un rôle, aurait pu à bien des moments tomber dans la déchéance ou l'abject à force de volte-face et de provocations. Au détour de quelques phrases, on appréhende aussi les rapports qu'Emmanuel Carrère peut entretenir avec sa mère ou avec la Russie. Un double portrait très intéressant à tous les niveaux et une description du déclin et de la chute de l'U.R.S.S., ours au pieds d'argile.


  • 26 février 2012

    J'ai bien aimé ce roman, oui.

    A l'image de Limonov, Carrère écrit simplement - pas toujours, sa plume l'emporte parfois, et certaines phrases dépareillent dans le récit. Ce n'est donc pas tant le style qui m'a plu que le personnage vedette.

    "Limonov, personnage sulfureux", ai-je pu entendre ou lire ici et là. J'aurai envie de dire : sulfureux, plus tant que cela. A son époque certainement (années 60-70) mais depuis, beaucoup d'eau à couler sous les ponts, et d'autres ont fait pire.

    Je qualifierai plutôt Limonov de personnage aventurier comme on n'en fait plus (il est d'ailleurs parfois comparé à Bob Denard) et d'opportuniste hors-pair (même si parfois, il perd la partie et se retrouve dans la dèche ou en prison).

    Un héros lucide sur lui-même qui s'étonne que l'on puisse écrire sur sa vie, et la qualifie lui-même - sa vie - de "vie de merde".

    Un homme comme on n'en fait plus en Occident, mais dont la Russie regorge. Sans doute est-ce en cela qu'il peut apparaitre "sulfureux".

    J'ai beaucoup aimé le parallèle avec la vie de Vladimir Poutine, né comme lui d'un père policier et d'une mère femme de ménage au fin-fond de l'URSS, lui devenu un apparatchik et Limonov toujours dans l'opposition. Deux hommes, deux destins.

    Toutefois, pas de révélations fracassantes non plus sur l'Histoire du XXe siècle, juste quelques mises au point (sur le conflit en ex-Yougoslavie, notamment).

    Quel homme intéressant que ce Limonov !

    L'image que je retiendrai :

    Celle d'un homme toujours très bien habillé, allant jusqu'à se coudre ses pantalons à la dernière mode, et très soucieux de son apparence.

    Ce que j'ai appris :

    "zapoï" mot typiquement russe signifiant prendre une cuite pendant quelques jours sans désaouler et ne se souvenir de rien à son réveil. Impressionnant...

    http://motamots.canalblog.com/archives/2012/02/06/23192001.html


  • 6 novembre 2011

    Une déception

    - Je pourrais vous dire que c’est un roman passionnant centré sur un personnage marquant. Mais si Limonov est sans conteste un homme qui marque les esprits, il est aussi un être prêt à tout pour échapper à sa condition tristement humaine et exister. Prêt à tout, et surtout prêt au pire pour devenir quelqu’un et s’échapper d’un destin étroit. Ce n’est pas un être attachant, et la fascination étrange de l’auteur pour cet homme est assez déroutante :
    « « C’est bizarre, quand même. Pourquoi est-ce que vous voulez écrire un livre sur moi ? »
    Je suis pris de court mais je réponds, sincèrement : parce qu’il a – ou poarce qu’il a eu, je ne me rappelle plus le temps que j’ai employé – une vie passionnante. Une vie romanesque, dangeureuse, une vie qui a pris le risque de se mêler à l’histoire.
    Et là, il dit quelque chose qui me scie. Avec son petit rire sec, sans me regarder :
    « Une vie de merde, oui. » » (p. 484)
    La frontière entre biographie et roman est ténue ici et l’auteur le reconnaît lui-même "J'ai une réticence à utiliser ce mot, explique l'auteur. La définition du roman parle de fiction. Or, tous les événements rapportés sont véridiques, même si je garde une liberté dans la mise en scène. Et il y a aussi tout ce qui relève de l'inexactitude involontaire..." (source L’express, Jean-Paul Guilloteau)
    - Je pourrais vous dire que l’on apprend des choses passionnantes sur la Russie et la politique de cette époque. Sauf que personnellement, je me suis ennuyée dans ces passages historiques et politiques.

    - Je pourrais vous dire qu’Emmanuel Carrère est un grand écrivain, mais je n’avais pas du tout apprécié son « D’autres vies que la mienne », qui jouait trop sur le pathos à mon goût, et ici j’ai été énervée par ces allers et retours entre sa vie et celle de son héros, parce que je n’ai pas cette idée-là de la littérature et des romans.

    - Je pourrais vous dire qu’il faut croire les critiques et découvrir cet ouvrage, et je pense qu’il faut le faire si :
    1. Vous appréciez les biographies
    2. Vous appréciez l’histoire du communisme
    3. Vous vous intéressez à Edouard Limonov
    4. Vous appréciez Emmanuel Carrère.
    Sinon ? Il y a tant d’autres romans à découvrir…


  • 1 novembre 2011

    Une lecture interessante

    est un roman qui pourrait être qualifiée de biographie romanesque.
    A travers l'Histoire de ces 70 dernières années, Emmanuel Carrère nous propose de suivre la vie plutôt atypique d'un personnage haut en couleurs : Edouard Limonov.
    Edouard dès son plus jeune âge aspire à bien mieux que ce que ses parents ont vécu et vivent encore.
    Il veut s'extirper de cette Russie pauvre, froide et dure, et pour ça, il est prêt à tout. Il s'installera aux quatre coins du monde, endossera des rôles aussi différents que poète, clochard, tailleur, gouvernant chez un riche américain, écrivain, soldats aux côtés des Serbes, leader d'un parti radical et prisonnier politique...
    Mais Edouard est contradictoire, et les personnages qui lui font envie (riches, intellectuels, hommes de pouvoir) et dont il aimerait avoir la place, il les méprise et les dénigre tout autant, car ils ne savent pas voir réellement qui il est.
    Il sait profiter des portes ouvertes et des mains tendues dans les milieux branchés, pour être là où il faut pour faire parler de soi. Car Edouard Limonov est avant tout un homme qui a besoin de reconnaissance et qui veut exister dans le regard des autres.
    En quête de gloire permanente il n'hésitera pas à faire des choix discutables, ce qui fait de lui un personnage à la fois fascinant et repoussant.
    Carrère parle ici d'un homme qu'il a plusieurs fois rencontrés, il essaie de rester objectif (est-ce vraiment possible?) et ne veut pas juger son sujet. Il veut juste le raconter, et il le fait bien!
    L'histoire de Limonov, est indissociable de l'Histoire Russe, et Carrère nous la fait parcourir à travers une analyse du communisme, des différents conflits, hommes politiques... Et j'ai aimé ça!


  • 2 octobre 2011

    Passionnant et foisonnant

    Je n'ai pas l'habitude de transformer mes livres en livre-hérisson mais j'y laisse plus ou moins de petits bouts de papier pour m'aider à retrouver les passages importants. Parfois, il n'y a aucun bout de papier, parfois beaucoup. Ce fut le cas pour ce roman. Et là, nous allons régler tout de suite la question de l'essai ou du roman. Sur mon exemplaire, on ne trouve pas le mot roman. Et en effet, ce n'en est pas un.

    Je diviserais ce livre en trois thèmes: on y parle de la vie de Limonov et le choix même de cet homme qui fut tout et son contraire, clochard, valet, écrivain, intellectuel et soldat, communiste, pro-serbe et j'en passe en dit beaucoup sur l'auteur: il a choisi un homme qui est tout ce qu'il n'est pas et je dirais, tant mieux pour Emmanuel Carrère et ceux qui l'entourent. C'est donc Emmanuel Carrère le deuxième thème de ce roman, pas l'adulte mais le regard que l'adulte porte sur le jeune homme qu'il fut et qu'il n'aime pas vraiment:

    "Je voudrais l'aimer, me réconciler avec lui et je n'y arrive pas."

    C'est pourtant ce jeune homme qui va tomber amoureux de Muriel, une fille à l'opposé de ce que fut son éducation et qui lui a permis de devenir l'adulte qu'il est. Loin d'Un Roman russe, il y a ici de la tendresse envers ceux qui ont traversé sa vie. Et même quand il parle de sa rencontre avec Herzog qu'il admirait et qui, lors de leur première rencontre, l'a profondément blessé, on ne sent pas de réelle rancune, juste cette blessure. Et puis, bien sûr, c'est une histoire, peut-être sans grande originalité, mais passionnante pour ceux qui n'y connaissent pas grand-chose à la Russie, sur l'évolution de ce pays que chérit Emmanuel Carrère. D'ailleurs, l'auteur nous le dit: Un écrivain, en gros, a le choix entre inventer des histoires, en raconter de vraies ou donner son avis sur le monde tel qu'il va. Limonov, comme Emmanuel Carrère, semblent avoir opté pour la première et la troisième solutions.

    Emmanuel Carrère choisit de ne pas émettre de jugement sur son personnage qui a, dans la réalité, plusieurs fois croisé sa route. Moi, dès le départ, je l'ai trouvé antipathique, dès la scène où il participe à un viol, même si sa participation est limitée et à contre--coeur, semble-t'il et c'est une scène qui m'a d'ailleurs laissé un goût amer car traitée de manière presque anodine par l'auteur. Ce qui m'a passionnée dans la vie de Limonov n'est dû qu'au talent d'Emmanuel Carrère. Quand il imagine l'incrédulité de l'ancien employeur de Limonov après avoir découvert ce que Limonov dit de lui dans son roman, c'est un régal.

    Emmanuel Carrère insiste sur le fossé qui sépare l'opinion des russes et celles des occidentaux. Gorbatchev, méprisé des uns (parmi eux, la mère de l'auteur et Limonov) et adulés des autres, en est un bon exemple. Et en bonne normande, j'ai adoré cette comparaison très juste:

    Quand des amis naïfs lui disaient: "Quel type formidable, ça doit te faire plaisir", il le prenait comme un catholique droit dans ses bottes prendrait qu'on le félicite si Mgr Gaillot devenait pape.

    Ce que j'ai préféré, c'est lorsque l'auteur nous parle de lui, non sans humour d'ailleurs:

    "Ces trois figures s'offraient à l'identification: le savant, le rebelle, l'homme d'action qui était aussi un homme du peuple, et s'il n'avait tenu qu'à moi, c'est celui-ci que j'aurais voulu être. Mais il ne tenait pas qu'à moi. Mes parents m'ont tôt fait comprendre que non, harponneur de baleines, ça ne serait pas possible, qu'il valait mieux être un savant- je n'ai pas l'impression que la troisième option, le rebelle, ait été à l'époque discutée- et cela d'autant plus que je souffrais d'une forte myopie: allez harponner des baleines avec des lunettes!"

    Je me suis rendue compte, à un moment de ma lecture, qu'Emmanuel Carrère parlait beaucoup de sa mère (forcément, le sujet s'y prête) mais que jusqu'à présent, je n'avais encore jamais lu une ligne où il mentionnait son père. Eh bien, si, ce roman finit sur l'évocation, rapide mais tendre, du père.

    Quittons-nous avec un dernier extrait, qui concerne le jugement que l'Occident a pu avoir sur les serbes et les croates:

    "Cependant, c'est plus compliqué que cela. Je suis désolé, je n'aime pas cette phrase. Je n'aime pas l'usage qu'en font les esprits subtils. Le malheur est qu'elle est souvent vraie. "

    Je pense que vous l'aurez deviné, j'ai beaucoup aimé ce livre, ce que j'en ai perçu de l'auteur et de la Russie.


  • 14 septembre 2011

    Limonov d'Emmanuel Carrère

    Edouard Limonov. Je n’avais jamais entendu parler de lui avant, j’avoue. A priori le titre et le sujet ne m’inspiraient pas spécialement. Mais c’est écrit par Emmanuel Carrère, un de mes auteurs contemporains préférés. Alors je plonge.

    Le livre commence lors de l’assassinat d’Anna Politkovskaïa en 2006, journaliste russe notoirement opposée à Poutine. Cet évènement amène Carrère à aller à Moscou interroger des proches de cette femme courageuse. Il assiste à une commémoration en hommage aux victimes civiles du théâtre de la Doubrovka (tout le monde a encore en tête ces images de personnes mortes asphyxiées dans des fauteuils de théâtre). Et c’est là qu’il aperçoit Limonov puis décide d’écrire un long papier sur lui. Finalement ce sera un livre.

    Il faut bien tout un livre pour rendre compte de la vie d’Edouard Limonov. Il est de ceux qui ne prennent jamais de vacances, qui ont une énergie qui semble intarissable. Il est de ceux dont on peut vraiment dire qu’ils ont eu plusieurs vies dans une seule vie : voyou dans sa prime jeunesse, poète underground sous Brejnev, clochard puis laquais d’un milliardaire à New York, écrivain provocateur à Paris, soldat dans les Balkans, chef d’un parti politique d’extrême droite ou gauche (on ne sait pas bien) en Russie et enfin prisonnier politique sous Poutine. Le livre retrace son parcours de manière chronologique.

    Ni admirable, ni détestable, Limonov fascine. C’est l’intelligence de Carrère de bien choisir ses sujets. Au-delà de ça, le récit est concis, sobre, limpide : Carrère nous parle de la grande Histoire sans jamais nous ennuyer et a toujours à cœur de ne pas perdre le lecteur dans des références historiques incompréhensibles.

    Un très bon livre qui ne délivre pas de vérité toute faite mais tente de regarder sans juger la complexité d’une âme de guerrier. D’ailleurs, Carrère ne cesse de le dire : « c’est plus compliqué que ça ».


  • 2 septembre 2011

    Un soir, alors qu'il se trouvait à Moscou, Emmanuel Carrère aperçoit un visage connu : Limonov. Il l’avait rencontré pour la première fois au début des années 1980 à Paris quand Limonov avait accédé à un certain succès avec son livre Le poète russe préfère les hommes nègres. Il le croyait en prison et voilà comment Emmanuel Carrère s'est intéressé à la vie de Limonov.
    Pourquoi écrire sur lui ? Emmanuel Carrère répond « Limonov, lui, a été voyou en Ukraine; idole de l'"underground" soviétique ; clochard, puis valet de chambre d'un milliardaire à Manhattan; écrivain à la mode à Paris; soldat perdu dans les Balkans; et maintenant, dans l'immense bordel de l'après-communisme, vieux chef charismatique d'un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud: je suspends pour ma part mon jugement. Mais ce que j’ai pensé (…) c’est que sa vie romanesque et dangereuse racontait quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
    Quelque chose, oui, mais quoi ? Je commence ce livre pour l’apprendre. »

    Emmanuel Carrère en nous racontant la vie de Limonov depuis 1943 nous déroule une autre histoire. Avec talent. La grande Histoire : la mort de Staline, la chute du Communisme, les enjeux géopolitiques, la nouvelle Russie et ses nouveaux riches ( et j'en passe)… Tous ces évènements, Limonov les a connus d’une façon ou d’une autre. Edouard Limonov, de son vrai nom Savenko est né en 1943 en Ukraine. Une enfance à la dure et très tôt, Limonov n’a qu’une envie : devenir un héros.
    Poète à ses débuts, le surnom de Limonov lui est attribué ( Limon : citron et de Limonka : grenade). Limonov voit grand et décide de quitter le pays natal pour les Etats-Unis avec sa femme Elena. Nous sommes en 1975. Le couple réussit à s’introduire dans les cercles privés et prisés. Tous deux espèrent et convoitent la gloire qui ne viendra pas. Elena le quitte et Limonov devient un clochard puis un valet de chambre au service d’un milliardaire américain. En 1980, il arrive à Paris, écrit dans la revue de Jean-Edern Hallier. Ses livres qui portent tous sur sa vie connaissent un certain succès mais pas de quoi rouler sur l’or. Puis, Limonov part à Moscou. Il se mêle de la politique, rêve d’idéologie. Le voilà à Sarajavo là où on ne l’attendait pas. Ses idées flirtent avec le fascisme. Puis de retour à Moscou, il crée son propre parti national-bolchevique. Il sera condamné à quinze ans de prison et libéré avant d’avoir purgé entièrement sa peine grâce à ses livres.

    Alors oui, celui qui rêvait de devenir un héros est prétentieux, jaloux, profiteur, un brin voyou, provocateur … et la liste est longue ! Mais c’est aussi un homme, un écrivain qui n’a jamais renié ses actes ou ses propos. Fidèle à lui-même, il n’a jamais retourné sa veste pour redorer son image.

    Emmanuel Carrère ne juge pas mais intervient avec des anedoctes et en toute honnêteté. Allant jusqu’à dire qu’il a abandonné ce livre pendant plus d’un an à la vue d’un film où l’on voit Limonov « jouer à la guerre » à Sarajevo.

    Dans ce livre, Emmanuel Carrère démontre une fois de plus son talent hors-pair de narrateur. Et, il s’agit d’un livre fourni , brillant, très intéressant et où aucun détail n’est laissé au hasard !

    Je ne connaissais de l'histoire des pays de l'Est que ce que j'ai pu apprendre sur les bancs du lycée et en suivant par la suite l'actualités mondiale. Pas plus, pas moins. Ce livre m'a beaucoup apportée sans que je sois une férue d'histoire.

    A la question, Limonov est-il une sorte de héros ou une misérable crapule ? A chacun de se faire sa propre opinion avec tous les éléments apportés...