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Swamplandia, roman

Swamplandia, roman

Karen Russell

Albin Michel

  • par (Libraire)
    6 octobre 2012

    Une mosaïque bigarée

    La famille Bigtree est célèbre pour son parc d'attractions et ses alligators. Installée dans une île de Floride, cette tribue extravagante cotoie peu de monde exceptés les quelques visiteurs du parc.
    Leur vie quotidienne va être totalement chamboulée à la suite de la mort de la mère, Hilola Bigtree: pour la première fois, chacun va s'éloigner de l'île. Le père, qui croule sous les dettes, décide finalement de créer un nouveau parc. Le fils, désabusé par l'irresponsabilité de son père, part de la maison pour gagner sa vie et se retrouve noyé dans l'inconnu. Ossie, la fille aînée se met à croire aux esprits et s'enfuie avec un petit ami imaginaire. Enfin, la petite dernière décide, malgré son jeune âge, de partir à la recherche de sa soeur perdue au coeur des Everglades.
    Avec une écriture riche et une imagination débordante, Karen Russel explore habilement les thèmes du déracinement et de l'appartenance.
    Une magnifique fresque familiale parfois drôle mais toujours intense.


  • par
    3 septembre 2012

    Le moins que l'on puisse dire, c'est que Karen Russel a de l'imagination et un talent certain pour la mettre en scène, pour raconter les aventures des ses héros, toutes aussi inventives et originales les unes que les autres.

    Le contexte géographique est très présent, lourd, chaud, sec et poisseux et marécageux. Les Everglades. Le parc des alligators rajoute, pour nous lecteurs européens, une touche d'exotisme et de danger supplémentaire.

    "- Les alligators ne sont pas des animaux de compagnie, me répétait le Chef. C'est un estomac dans une valise en cuir. Un alligator ne te rendra jamais ton affection.

    Et pourtant je les aimais ! J'avais peur aussi de leur regard d'extraterrestre et de leurs brusques pointes de vitesse." (p.25/26)

    Dans ce roman, c'est Ava, la petite dernière de treize ans qui s'exprime ; elle est la seule susceptible de sauver Swamplandia de la faillite et de la disparition. Puis, lorsque les membres de la famille s'égaillent chacun de leur côté, l'auteure alterne les chapitres "Ava" (à la première personne) et les chapitres "Kiwi" (à la troisième personne). Bien vite, ces derniers m'ont paru plus intéressants (et pas uniquement parce que j'adore les kiwis, d'ailleurs cette année, il ne faut pas que je rate la saison de cueillette, je l'ai ratée l'an dernier et je n'ai pas eu ma dose hivernale de fruit vert, ceci expliquant peut-être cela - oui, c'est un jeu de mots facile (Kiwi/kiwi) et même pas drôle, mais même Karen Russel le fait une fois dans son livre, alors pourquoi pas moi ? Hein ?), les autres concernant Ava et Ossie devenant longs, peu rythmés et un rien ennuyeux. Puis, petit à petit, les passages parlant de Kiwi prirent le même malheureux chemin et si vous avez tout suivi, c'est donc le livre en entier qui devint longuet. J'ai lu vite, en diagonale, passé certains paragraphes pour prendre plus de temps sur d'autres plus attirants, car il en recèle de très bons.

    Pas le roman de la rentrée litéraire pour moi donc, même si je comprends aisément que certain(e)s lecteurs (trices), contrairement à moi entreront dans cette histoire et y trouveront matière à satisfaction voire beaucoup plus. Mais que voulez-vous, je suis un éternel insatisfait, grincheux, grognon. Un homme quoi !