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Confiteor

Jaume Cabré

Actes Sud

  • par (Libraire)
    16 avril 2016

    La musique endurcit les moeurs

    Confiteor est une confession, celle d'un homme, Adrià, qui perd ses souvenirs et qui décide de les partager une dernière fois avec son ami, Bernat, avant qu'ils ne disparaissent définitivement. Or, toute l'existence d'Adrià tourne autour d'un même objet : un violon. C'est une véritable passion, presque destructrice, qu'entretient Adrià avec le précieux instrument, pour lequel il trahira tout, y compris la femme de sa vie, Sara, véritable destinataire de ce récit confessionnel.
    En effet, le véritable héros de ce roman est le violon plus que l'homme qui l'a possédé ou que tous ceux qui l'auront fabriqué, touché ou seulement convoité. On se retrouve ainsi au cœur d'une fresque historique grandiose, d'abord en pleine Inquisition, quand le bois dans lequel le violon sera taillé est encore à l'état d'arbre, on voit ensuite l'instrument traverser la dictature Franquiste, la Seconde Guerre Mondiale, avant de connaître enfin l'apogée de son pouvoir sur les hommes quand il rentre dans la vie d'Adrià ; car si ce violon est exceptionnel, ce n'est pas seulement grâce au bois dont il est fait, sa facture, ou sa musicalité, mais parce que cet instrument et taillé dans les passions humaines.
    Jaume Cabré n'hésite pas à nous questionner sur cette humanité, sur le Mal profond qui la ronge, confondant les genres avec autant de talent que les intrigues ; car littérairement, Confiteor est aussi exceptionnel que l'instrument de musique dont il retrace l'histoire. Outre son intrigue complexe, la richesse de Confiteor s'observe aussi sur la forme. Jaume Cabré transgresse les lois de la narration pour mieux la réinventer. Il a le don de passer d'une période historique ou d'un point de vue à un autre, parfois dans la même phrase, avec une facilité déconcertante, et ce sans jamais perdre son lecteur. C'est sans doute ce qui rend l'exercice de style fascinant – d'autant plus quand il est réalisé à la perfection.


  • par (Libraire)
    23 juin 2015

    Confitéor

    Un homme, au soir de sa vie, retrace l'histoire de sa famille et sa propre histoire.
    Il a grandi à barcelone dans les années 50. Solitaire et se sentant peu aimé de ses parents, il découvre petit à petit le passé trouble de son père. Au travers de cette histoire familiale, le lecteur est plongé dans ce que l'Europe a connu de plus abject au cours du 20ème siècle mais aussi dans ce que l'homme porte en lui comme aspiration à l'art, à la beauté, à la connaissance et à l'amour.


  • 17 septembre 2014

    Espagne, roman à tiroirs

    C'est l'histoire de Félix Ardevol et de sa passion pour les beaux objets qui
    lui piquent le bout des doigts.

    C'est l'histoire d'un violon de légende, le Vial, depuis sa conception et la
    découpe de son bois, la vie tumultueuse de ses différents propriétaires dont
    Félix Vial.

    C'est l'histoire d'Adria Ardevol, de son enfance passée dans le silence, de
    son amitié avec Bernat, de son amour pour Sara, de sa passion pour les
    langues et la culture.

    C'est l'histoire de la mère d'Adria qui reprend le magasin d'antiquité après
    les décès de son mari et qui continue à tenir les rênes de la famille.

    C'est l'histoire de Bernat, violoniste talentueux tentant de devenir écrivain,
    de son fils Lorensc qu'il ne comprend pas.

    Ce sont des vies qui se nourrissent de l'art musical, pictural et écrit.

    Mais la mémoire d'Adria le trahit, et c'est là que ce roman à tiroirs fait très
    fort qu'il non content d'imbriquer les histoires les unes dans les autres, les
    placent au coeur même de la narration principale. Au lecteur de dénouer
    l'écheveau des histoires dans l'histoire. Une gymnastique passionnante qui
    nous fait faire des bons à travers les siècles sur tout le continent.

    Une lecture parfois rude, à cause de ces bons entre les histoires, mais
    une lecture à part et dans le fond et dans la forme.

    L'image que je retiendrai :

    Celle du chef arapaho et du cow-boy Carson qui guident Adria dans ses
    premières années.

    Une citation :

    "Il avait raison sur un point, Euripide : la raison humaine ne peut pas
    vaincre les puissances irrationnelles de l'émotivité de l'âme." (p.277)

    http://motamots.canalblog.com/archives/2014/09/02/30357883.html


  • par (Libraire)
    23 avril 2014

    Nous avons lu... nous avons aimé !

    Fascinant. Un univers très riche qui nous fait voyager entre légendes catalanes, souvenirs d’Auschwitz et temps présents.

    Une écriture très particulière qui se promène entre le « il » et le « tu ».

    Il faut prendre le temps de le déguster, … comme un grand cru !

    lu par Elisabeth


  • par (Libraire)
    10 avril 2014

    Un orchestre de vies emmelées qui nous donne une symphonie en hommage aux victime du Mal, sous toutes ses formes. Un roman parfait, une maîtrise de la narration sans égale, une intelligence sublime dans l'écriture et dans la réflexion.


  • 4 avril 2014

    De la grande littérature

    Barcelone, ville magique et truffée de symboles. Adrià veut être historien des idées et de la culture … « Nous ne sommes pas au monde pour être heureux » dit sa mère, qui rêve de faire de lui le meilleur violoniste du monde. « Ne m’oblige pas à te punir ! Apprends tes leçons ! » dit son père, qui aura toute sa vie trahi, menti, dénoncé, volé … Ugh dit Aigle-Noir, le valeureux chef arapaho, soutien moral et compagnon de l’enfance. Mais que dit Adrià ? Pas grand-chose et tout à la fois, mais pas forcément l’essentiel pour sauver son amour ou son amitié.

    Adrià est un enfant solitaire devenu adulte dans la souffrance de l’absence d’amour. Il a du mal à accepter la vie, à accepter la mort. En toile de fond, cinq siècles d’histoire défilent et nous parlent du mal, de la faute, du pardon, de l’incroyable nature humaine, de la fin d’un monde humaniste. La cruauté est là, présente dans nos vies alors que nous cherchons en vain le territoire du bonheur. Comme Adrià qui tente de rencontrer les dieux, hors du temps et de la folie des hommes, son Arcadie, la beauté, un regard bleu, une note de musique. Mais, la culture n’est pas un antidote à la violence et même Dieu n’y peut rien, l’homme est fondamentalement mauvais ! Adrià adresse sa confession à Sara, l’amour de sa vie. Il veut comprendre et plonge aux sources du mal, il veut avouer sa propre lâcheté et sa fragilité. Confesser ou avouer … Le violon Storioni est un élément symbolique qui va passer de main en main et devenir objet de convoitise et porter avec lui le malheur.
    CONFITEOR est un roman grandiose, récit familial, pages d’histoire, fable à la fois épique et dramatique. On s’interroge, on pleure, on rit quelquefois. On pose à chaque fois le livre avec regret en attendant le moment heureux où l’on reprendra la lecture. Une écriture particulière, un texte nécessaire qui laisse pantois. Ce n’est pas un style décousu mais un puzzle, chaque chose venant prendre sa place, même si cela peut dérouter. Une mise en scène originale et astucieuse qui nous incite à poursuivre le voyage. De la grande littérature sans aucun doute.


  • par (Libraire)
    13 février 2014

    La mémoire d'un homme qui est en train de la perdre, un violon comme fil conducteur d'une vie, l'Art comme seule valeur, Jaume Cabré se confesse. MAGISTRAL !


  • 21 décembre 2013

    Adrià Ardevol atteint d’Alzheimer décide de confier à son ami Bernat des feuillets où il a consigné sa vie et où il se confesse. Cette longue lettre est destinée à celle qui l’a toujours aimée Sara. Dis comme cela, on pourrait s’attendre à un récit avec une narration classique et une suite d’événements chronologiques. Et bien non.
    Dès les premières pages, le" je" côtoie le "il" et forcément cette narration interpelle l’œil, émoustille l’esprit et ce procédé permet de nous plonger entièrement dans les différentes voix empruntées. Confiteor débute par l’enfance d’Adrià. Son père antiquaire et collectionneur de manuscrits anciens veut qu’il apprenne dix langues au minimum et qu’il soit un violoniste hors pair. A sept ans, son avenir est ainsi tracé par la décision paternelle mais Adrià n’est pas d’accord.

    Même si l’apprentissage des langues est un jeu pour lui, il veut apprendre, étudier d'autres matières. Deux figurines Aigle Noir et le shérif Carson seront les témoins de cette enfance sans marque d'amour. Deux jouets dont il jamais il ne se séparera.
    Et sans que ça puisse paraître étrange, Jaume Cabré fait intervenir d’autres personnages comme un fabricant de violons, un colonel SS, un moine, un médecin en Afrique et bien d’autres encore. Il les enchevêtre dans le récit d’Adrià . Sans tout nous dévoiler, il nous livre des bribes de leurs histoires impliquées ou soumises à la grande Histoire. Et Adrià ? Il nous raconte son amitié avec Bernat, son amour pour Sara, ses études en Allemagne et toujours ce qui l’anime et le hante cette soif du savoir. Adrià qui se retrouve en charge des conséquences des agissements de son père sans n’avoir rien commis.
    Un roman puzzle qui nous immerge dans le bonheur de la lecture et dans les questionnements, qui nous fait traverser plusieurs siècles d’histoire mais sans jamais nous égarer. Le Bien et le Mal, l’Art sont omniprésents alors qu’Adrià nous agace plus d’une fois mais finit par gagner notre sympathie.
    Magistralement, Jaume Cabré nous montre comment tout est lié. Toutes ces vies, ces actes, les décisions prises s’unissent dans le temps. Un roman époustouflant, passionnant, rare, d’une richesse incroyable qui nous fait toucher du doigt le sublime, l’effroyable, nous submerge d’émotions et de réflexions, et nous donne cette envie de tourner les pages! Une lecture dont je suis ressortie éblouie et qui m’habite encore...


  • par (Libraire)
    29 novembre 2013

    Au détour des confessions d'un homme qui vieillit, ce roman dense, ambitieux, déchirant, plein de remous et d'infiltrations épouse le chaos de l'Histoire et du souvenir.
    Un chef d'œuvre!


  • par (Libraire)
    5 septembre 2013

    Écrire une histoire du mal, c'était l'ultime projet d'Adrià. L'acheva-t-il, ou bien son ami Bernat, ou plus sûrement Jaume Cabré au travers de la vie de son héros, de ses parents, de ses amis, de ses femmes, de tous ceux qu'il aima et trahit, dont il trompa la mémoire, avant que celle-ci ne le trompe à son tour.
    Un assemblage accidentel et précis de fidélités et de trahisons, voilà ce à quoi se résume in fine le destin d'un homme tout aussi bien que l'histoire de l'humanité, et le XXème siècle européen en a fourni des illustrations inédites dans l'horreur, qui façonneront le destin d'Adrià.
    Avec sa maîtrise de la singulière technique du fondu-enchaîné appliquée à l'écriture, Jaume Cabré réussit à ordonner le chaos, dans la conscience amère de la fugacité de cette victoire.