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La Vie rêvée de Rachel Waring

La Vie rêvée de Rachel Waring

Benatar, Stephen

Le Tripode

  • 3 octobre 2014

    A 47 ans, Rachel Waring mène une existence bien terne à Londres. Un travail routinier, un appartement partagé avec une colocataire avec qui elle se s'entend guère. Jusqu'au jour où elle apprend qu'elle est l'unique bénéficiaire d'une grande-tante qu'elle croyait décédée. Pas d'argent sonnant et trébuchant mais elle hérite d'une maison à Bristol.

    Elle décide de tout quitter pour s'y installer .Un nouveau départ qui sonne comme une nouvelle vie. Débordante d'enthousiasme et d'un optimisme à toute épreuve, la rénovation de sa maison l'occupe mais ses pensées sont très vites monopolisées par un certain Horatio Gavin. Elle veut tout connaitre de la vie de ce philanthrope qui a vécu dans sa maison. Chantonnant des airs de comédies musicales ou déclamant des poèmes d'amour, elle se lie avec quelques habitants de la petite ville. Excentrique, dotée d'un imaginaire débordant, elle aimerait que tout le monde soit aussi heureux qu'elle. Et elle n'hésite pas à glisser quelques mensonges sur elle. Elle pousse son comportement à l'extrême pour bien montrer son mécontentement ou sa gaieté. C'est-à-dire qu'elle ose franchir les barrières de la bienséance et ne mâche pas ses mots jusqu'à être cynique. Et qui n'a jamais rêvé au moins une fois de révéler ses pensées face à une personne que l'on n'apprécie pas ? Sauf que l'on commence à douter de ses agissements. Ses paroles et ses actes sont-ils des fantasmes ou la réalité ? Et l'auteur réussit à semer le trouble sans nous donner forcément toutes les clés.

    Romantique et fleur bleue mais désespérément seule, fragile sous sa carapace imaginaire, si au départ Rachel Waring peut nous agacer, on ne peut qu'éprouver que de l'empathie pour elle alors que petit à petit sa folie s'étend...

    L'auteur se glisse dans son personnage avec brio et nous dévoile ses sentiments les plus profonds. Un roman perturbant et déstabilisant !

    Merci à Danièle de Dialogues Brest pour ce conseil de lecture


  • 30 août 2014

    la vie en rose...

    Un petit conseil pour débuter ce commentaire : ne lisez pas en premier l'excellente analyse de John Carey qui fait office de préface à ce roman ! J'ai eu le sentiment pendant toute ma lecture de suivre ses pas, d'épouser son point de vue, comme s'il était là, penché par dessus mon épaule ,à me souffler à l'oreille ce que je devais penser du comportement de l'héroïne Rachel Waring.
    L'histoire écrite par Stephen Benatar est singulière à plus d'un titre. Cet écrivain se glisse dans l'esprit d'une femme de quarante-sept ans dont l'existence est bien terne et qui ne trouve le réconfort que dans son imagination débridée, pétrie de comédies romantiques, de chansons populaires, de légendes qui parlent de beaux princes et d'amours impossibles. Nous sommes dans l'esprit de Rachel, voyons le monde à travers le prisme déformant de son optimisme presque désespéré et c'est bluffant et perturbant. Au début du roman, Rachel Waring hérite d'une maison à Bristol et décide de quitter son emploi et sa colocation à Londres. A elle, une nouvelle vie dans cette demeure où a vécu Horatio Gavin , un jeune philanthrope... Les espoirs les plus fous naissent alors dans cette âme que l'existence n'a que peu favorisé. L'auteur nous décrit son quotidien et petite touche par petite touche, nous montre sa plongée terrible et touchante dans le monde de l'imaginaire...