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Fausse piste

Fausse piste

James Crumley

Éditions Gallmeister

  • 17 avril 2016

    Suivez cette (fausse) piste

    Un privé qui picole comme on respire, aimante les filles à problèmes, agace les types qu'il ne faut pas et s'immerge dans une cause qu'il sait désespérée : énième remake d'un scénario usé jusqu'à la corde, en littérature comme au cinéma ? Au contraire : oeuvre de référence, matrice, balise dans l'univers du roman noir. James Crumley a 36 ans lorsqu'il fait ses gammes avec « Fausse Piste ». Des générations d'auteurs bien moins doués lui envieront ce personnage de loser magnifique, cette atmosphère viciée, cette intrigue où rien ne peut bien finir... Rééditer James Crumley aujourd'hui, le redécouvrir dans une nouvelle traduction : riche idée...

    Dix romans seulement en trente ans : à sa mort, le 17 septembre 2008, à l'âge de 68 ans, ce cousin en écriture de Jim Harrison et de James Lee Burke a laissé un grand vide et une frustration pire encore.

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  • par (Libraire)
    5 avril 2016

    Dépoussiérage d'un classique

    Disons-le tout de suite, "Fausse piste" est un roman noir le plus classique possible. Pas du néo-noir tortueux : du bon vieux noir à détective privé en imperméable et au whisky au litre. Tout est à sa place et on s’attend presque à entendre du jazz retentir automatiquement dans notre cervelle quand on suit les pérégrinations internes de Milo en croisade pour sa propre conception de la justice. L’ambiance est parfaite pour tous les amoureux de Chandler, désireux de retrouver une galerie de personnages hauts en couleur, leur lot de bars miteux et de chambres de motel à l’heure. Ça sent la clope, le sexe, le whisky. Bien peu d’auteurs peuvent se vanter de savoir recréer une telle ambiance sans tomber dans le kitsch putassier. Il n’y a que les plus grands, en fin de compte.

    Mais ce qui est particulier avec ce roman, c’est qu’on ne sait jamais si James Crumley est dans l’hommage véritablement sincère ou la parodie bienveillante. Parfois on l’oublie, puis ça saute aux yeux à nouveau. Le fait qu’absolument tous les personnages qu’il croise sont alcooliques au dernier degré, par exemple. Sans parler de Milo, ce branque fini qui excelle dans l’art de brasser de l’air. Et pourtant, ce n’est pas souvent si hilarant ou absurde, c’est plutôt comme si Chandler avait pété un boulon pendant l’écriture d’un de ses romans et avait décidé de se moquer de son propre personnage. C’est plausible, voilà le mot. Plausible et palpitant.