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Fabriquer l’antique, Les contrefaçons de peinture murale antique au XVIIIe siècle
Éditeur
Publications du Centre Jean Bérard
Date de publication
Collection
Mémoires et documents sur Rome et l’Italie méridionale
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Fabriquer l’antique

Les contrefaçons de peinture murale antique au XVIIIe siècle

Publications du Centre Jean Bérard

Mémoires et documents sur Rome et l’Italie méridionale

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  • AideEAN13 : 9782380500110
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La contrefaçon des peintures antiques appelait évidemment une étude technique
: elle est faite, magistralement, par l’auteur, que sa formation de
restauratrice rendait mieux que quiconque susceptible de la mener à bien. Mais
le livre entraîne le lecteur bien au-delà d’une simple question d’érudition :
c’est bien évidemment la personnalité de Guerra et ses méthodes qui sont
scrutées de près ; mais c’est surtout une bonne partie de la société romaine
qui défile ainsi sur la scène, du peintre sans grand talent aux plus grands
érudits, en passant par les pontifes de la Curie, et c’est aussi le milieu
napolitain, celui qui touche au Musée de Portici tout au moins, que l’on
entrevoit à l’arrière-plan de ces querelles autour des peintures. Oui, il
s’agissait bien de fabriquer l’antique, c’est-à-dire de donner à croire aux
amateurs qu’ils allaient acquérir une de ces peintures tant vantées,
mystérieusement récupérée malgré les interdictions, et donc d’autant plus
précieuse. Mais cette « fabrication » ne se fait pas sans règles : elle doit
avoir une forme de vraisemblance, évidemment d’autant plus facile à acquérir
que l’on sait finalement bien peu de choses de ces peintures – les vraies –
que l’on commence à recueillir en Campanie. C’est donc en quelque sorte une
vraisemblance rêvée plus qu’une ressemblance avec une réalité que l’on connaît
encore trop mal. La passion de la collection étouffait trop facilement
l’esprit critique, mais les érudits eux-mêmes étaient prêts à accepter des
œuvres que l’on avait fabriquées à l’image de ce qu’ils attendaient. On a
quelque peine à imaginer aujourd’hui la place que ces peintures ont tenue dans
la vie de la société romaine du xviiie siècle. Il fallait la triple
qualification de Delphine Burlot comme restauratrice, antiquisante et
spécialiste des milieux romains autour de 1750 pour les replacer aussi
minutieusement dans le contexte complexe qui était le leur, fait de sens des
affaires, de passion, d’érudition et de politique.
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