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Sept maisons en France
Format
Broché
EAN13
9782267021752
ISBN
978-2-267-02175-2
Éditeur
Christian Bourgois
Date de publication
Collection
Littérature étrangère
Nombre de pages
280
Dimensions
20 x 11 x 2 cm
Poids
243 g
Langue
français
Langue d'origine
castillan, espagnol
Code dewey
850
Fiches UNIMARC
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1903. Tout se passe à peu près bien à Yangambi, le poste militaire où un détachement de la Force Publique du roi Leopold II s’est implanté au cœur de la forêt congolaise. Préposés à la récolte du caoutchouc, les officiers blancs souffrent de la chaleur mais s’acquittent vaillamment de leur tâche, au rythme des cris assourdissants des chimpanzés et des mandrills. L’ennui domine cependant. Ils ne s’autorisent que peu de parties de chasse car ils craignent d’être agressés par des lions, des guépards ou des serpents. Leur seule distraction provient de la lecture des lettres de leurs familles et du journal local, des tournois de tir, des jeux de cartes et des soirées alcoolisées. Tous ne semblent aspirer qu’à rentrer en Belgique.

Parmi les chefs de ce détachement, le capitaine Lalande Biran : il se rêve artiste et cultive le caprice d’exiger une vierge par semaine. Il s’enrichit illicitement de trafics des matières premières et attend le moment où il pourra offrir à son épouse la septième maison qu’il lui a promise. De son côté, le lieutenant van Thiegel rêve d’ouvrir un bar à Anvers et de séduire la femme de Biran. Quant à Chrysostome, le caractère taciturne de ce tireur d’élite suscite la curiosité de ses compagnons et le peu d’intérêt qu’il manifeste à l’égard des femmes lui vaut une réputation d’homosexuel pourtant infondée.

Les choses commencent à changer lorsque Leopold II annonce qu’il aimerait visiter le Congo, « son jardin de trois millions de mètres carrés », afin de faire une offrande à la vierge et de doter les différentes populations qui y habitent d’une reine comme il faut. Mais l’euphorie ne dure pas longtemps car le souverain finit par se désister. Tandis que le capitaine Lalande Biran, qui détenait l’autorité principale sur la région, perd peu à peu ses illusions de succès, un tourbillon de sentiments mêlés d’envie, d’ambition, de jalousie et de haine s’emparent des différents protagonistes. Les difficultés commencent alors.

Né en 1951 près de San Sebastian, Bernardo Atxaga, José Irazu Garmendia de son vrai nom, a effectué des études de Sciences économiques, de philosophie et de littérature à l’Université de Barcelone. Ecrivant tantôt en basque, tantôt en espagnol, il est l’auteur de poèmes, de contes, de romans ainsi que d’une vingtaine d’ouvrages pour enfants. Il est l’un des auteurs les plus prometteurs de la nouvelle génération littéraire en Espagne, et a reçu un accueil enthousiaste aussi bien du public que de la presse. En 1989, il a reçu le Prix National de Littérature pour Obabakoak. Depuis, il a également reçu le Prix de la Critique et figuré sur les sélections de nombreux prix pour ses autres ouvrages.

Bernardo Atxaga a écrit ce nouveau roman après un an passé au Nevada. Selon ses propres mots, il constitue un tournant dans son œuvre romanesque. Pour la première fois en effet, Atxaga, adopte un ton humoristique et grotesque pour traiter d’une période historique peu réjouissante a priori : la domination coloniale du Congo par la Belgique sous le règne de Leopold II.

Atxaga revendique deux influences pour l’écriture de ce roman : le témoignage que Mark Twain avait donné du régime sanguinaire imposé par le roi des belges dans ses colonies au début du séjour dans les universités américaines qui lui sont apparues comme des monastères dans la mesure où il s’y est enfermé pendant plusieurs mois pour y écrire. Le personnage de Lalande Biran est par ailleurs directement inspiré du profil d’un ami de son père qui a eu un parcours assez similaire lors de campagnes au Maroc.

Bernardo Atxaga dit avoir conçu et pensé son roman comme un mélange d’absurde, de sinistre et de conventions.

Le résultat est réjouissant : il excelle dans ses descriptions de l’ennui quotidien qu’il dépeint avec un humour dévastateur. Sur un ton à la fois sérieux et décalé, qui n’est pas sans rappeler l’écriture d’Evelyn Waugh, il rend compte avec talent ce qu’allait devenir le Congo belge sous l’emprise du roi Leopold II.
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