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La photographie en France au dix-neuvième siècle / essai de sociologie et d'esthétisme, essai de sociologie et d'esthétique
Format
Broché
EAN13
9782267022650
ISBN
978-2-267-02265-0
Éditeur
Christian Bourgois
Date de publication
Collection
ESSAIS
Nombre de pages
153
Dimensions
2 x 1 x 0 cm
Poids
253 g
Code dewey
770.94409034
Fiches UNIMARC
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La photographie en France au dix-neuvième siècle / essai de sociologie et d'esthétisme

essai de sociologie et d'esthétique

De

Préface de

Christian Bourgois

Essais

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« La présente étude porte sur l’importance immense de la photographie en tant que procédé de reproduction et, en particulier, sur le rôle qu’elle a joué à ses diverses phases dans l’évolution du portrait. Elle s’étend de l’époque de l’invention de la photographie, c’est-à-dire de la troisième décade du XIXème siècle à 1870 environ, en embrassant à la fois la floraison artistique et la décadence de la photographie de cette période.

En étudiant un moment de l’histoire de la photographie, nous essayons de mettre en lumière l’histoire de la société bourgeoise de l’époque correspondante, afin de démontrer, par un exemple concret, les relations qui rendent l’art et la société dépendants l’un de l’autre. 

[…] [En effet], dans la vie contemporaine, la photographie joue un rôle des plus importants. Il nous est difficile aujourd’hui d’imaginer qu’elle n’a pas cent ans d’existence. Il n’est presque aucune forme d’activité humaine qui ne l’emploie d’une manière ou d’une autre. Elle est devenue indispensable à la science comme à l’industrie. […] La photographie fait désormais partie de la vie quotidienne. Elle s’est tellement incorporée à la vie sociale qu’on ne la voit plus à force de la voir. Elle a pris droit de citer dans la vie courante, et c’est un de ses traits les plus caractéristiques que d’être reçue également dans toutes les couches sociales. […] C’est en cela que réside sa grande importance politique. Elle est le moyen d’expression typique d’une société consciente des butes qu’elle poursuit, d’esprit rationaliste et fondée sur une hiérarchie de professions ; en même temps qu’elle est devenue pour cette société un instrument de premier ordre. Son pouvoir de reproduire exactement la réalité extérieure – pouvoir inhérent à sa technique – lui prête un caractère documentaire et lui donne l’apparence d’être le procédé de reproduction le plus fidèle, le plus impartial de la vie sociale. » (Gisèle Freund)

Pionnière en matière de recherche appliquée au domaine de la photographie dans le champ des sciences sociales, Gisèle Freund applique à sa thèse la méthodologie de la sociologie de l’art, qui « ne se propose que de découvrir pourquoi à tel moment de l’histoire, et dans les conditions sociales qui y sont créées, tel genre jouit ou non de la faveur générale. »

Gisèle Freund est née en 1908 à Schöneberg, près de Berlin. À son adolescence, son père, collectionneur, lui offre son premier appareil photographique, un Leica. Elle étudie la sociologie à Francfort où elle rencontre Norbert Elias, qui lui propose d'écrire sa thèse sur La Photographie en France au XIXe siècle, la toute première sur la sociologie de l'image. Membre d'un groupe communiste, elle doit fuir l'Allemagne et achève ses études à Paris en 1936. Amie d'Adrienne Monnier, elle côtoie de nombreux écrivains qu'elle immortalise en des portraits célèbres : Virginia Woolf, James Joyce, Colette, André Malraux, Henri Michaux, Michel Leiris, Marguerite Yourcenar, Jean Cocteau, Sartre, Simone de Beauvoir, Samuel Beckett. Elle photographie en outre sur le vif André Gide, Aldous Huxley et Boris Pasternak lors du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture en 1935. Elle fut également l’une des pionnières dans l’utilisation de la photographie couleur En 1936, Gisèle Freund se marie, prend la nationalité française et travaille pour le magazine américain Life. Assez rapidement, elle divorce, s’exile à Londres, puis repart en France en 1939 avant de vivre deux ans en Argentine. Hébergée un temps par Victoria Ocampo, elle part ensuite réaliser des reportages dans toute l’Amérique du Sud (Uruguay, Terre de Feu…) et travaille pour le compte du ministère de l'information du gouvernement de la France Libre. En 1946, Gisèle Freund retourne à Paris. Elle y expose ses clichés d’Amérique latine puis repart en mission sur place pour le Musée de l'Homme. Elle devient ensuite la première femme photographe de l’agence Magnum. En 1968, le musée d'Art moderne de la ville de Paris l’invite à exposer ses œuvres. Gisèle Freund gagne alors une reconnaissance internationale. En 1980, elle remporte le grand prix national des Lettres pour la photographie, et un an plus tard, elle réalise le portrait officiel de François Mitterrand. Peu de temps avant sa mort, survenue le 30 mars 2000, Gisèle Freund donne plus de trois cents photographies à l'État français.

Épuisée depuis de nombreuses années, la thèse de Gisèle Freund est rééditée à l’occasion de l’exposition qui sera consacrée à son travail de photographe du 13 octobre 2011 au 21 janvier 2012 à la fondation Pierre Berger. « Gisèle Freund, l'oeil frontière, Paris 1933-1940 » est la première exposition rétrospective qui lui est consacrée depuis 1991. Elle sera l’occasion pour un large public de découvrir son œuvre.
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