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Alex-Mot-à-Mots

https://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

J'ai épousé un communiste
5 janvier 2021

États-Unis

J’ai aimé Ira, au prénom colérique prédestiné. Ira parti de rien, qui côtoie les plus hautes sphères de New-York et qui finira sa vie au bord d’un chemin à vendre des pierres.

J’ai eu pitié de sa femme Eve, sous l’emprise de sa fille Sylphide. Une mère qui fait tout pour sa fille qui ne le lui rend jamais.

Mais en refermant ce roman, je me suis posée la question : est-ce que Ira aimait vraiment Eve ? Aucun indice dans les nombreuses pages qui décrivent la vie d’Ira.

J’ai eu en horreur O’Day, le mentor d’Ira : trop froid, trop idéologue, trop déconnecté de la vraie vie.

Un roman sur le maccarthysme et ses dégâts.

Quelques citations :

L’homme qui m’a appris le premier à boxer avec un livre est revenu aujourd’hui démontrer comment on boxe avec la vieillesse.

Je me rendis compte que je n’avais jamais imaginé, et encore moins vu, un Blanc aussi à l’aise avec les Noirs, aussi naturel. « Ce que les gens prennent pour de la morosité et de la bêtise, chez eux, tu sais ce que c’est, Nathan ? C’est une carapace protectrice. »

Il parlait pour émousser le tranchant de ses désirs.

Quand on généralise la souffrance, on a le communisme. Quand on particularise la souffrance, on a la littérature.

L’image que je retiendrai :

Celle de la voilette d’Eve, qui fait son charme et sa particularité.

https://alexmotamots.fr/jai-epouse-un-communiste-philip-roth/

Paris,mille vies
5 janvier 2021

Paris

Je ne suis pas parisienne, ça me gêne, ça me gêne…..

Et en plus, je ne connais pas le papa du narrateur.

Le récit commence lorsque ce fameux narrateur s’aperçoit que les rues de la capitale sont vides : j’ai d’abord cru à une sortie lors du confinement de mars. Non, en fait, il se promène la nuit.

L’auteur reprend la marche des morts, coutume haïtienne, qui veut qu’une fois par an, les vivants promènent leurs ancêtres dans toute la ville en chantant.

Ce court récit se veut une ode à la ville de Paris, dont certaines rues, certains carrefour, évoquent au narrateur des grands moments de l’Histoire, ou la mort son père.

Mais pourquoi ne citer que Villon et Artaud, ne se souvenir que du corbillard du fils de Victor Hugo ?

Malgré le rythme si particulier de la prose de l’auteur qui harangue son lecteur, le récit n’a pas réussi à m’embarquer

L’auteur lance de nombreux appels à la vie au milieu de tant de morts, j’y ai été insensible.

Je l’ai lu sans déplaisir, une après-midi d’hiver, mais il ne me restera pas en mémoire.

Une citation de Ramuz :

C’est à cause que tout doit finir que tout est si beau.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’escabeau sur un balcon.

https://alexmotamots.fr/paris-mille-vies-laurent-gaude/

Bénie soit Sixtine
5 janvier 2021

secte

J’ai eu pitié de Sixtine, sixième enfant de la famille, qui croit bien faire en épousant un Sue de la Garde, vieille lignée royaliste.

Il m’a agacé, ce mari qui n’est jamais là, trop préoccupé par ses actions politiques violentes contre les mécréants, qui régit la vie de sa femme, et qui en plus lui fait l’amour de façon mécanique même quand elle ne le veut pas.

Elles m’ont exaspérées, la mère et la belle-mère, pleines de principes, régissant leur monde à la façon d’un général en croisade. Aucune place pour les sentiments.

J’ai aimé le père de Sixtine, un peu contre les radicaux chrétiens, mais fervent croyant.

J’ai aimé les lettres d’Erika à sa fille, Muriel, la mère de Sixtine, nous faisant découvrir peu à peu son histoire pas très catholique.

La lente prise de conscience de Sixtine ne m’a finalement pas exaspérée : il est normal que cela prenne du temps de revenir sur ses croyances pour s’ouvrir au monde.

J’ai découvert le hang drum, instrument qui élève les âmes.

Une citation :

Continuer à bien vous occuper de votre bébé, continuer à être forte et courageuse.

L’image que je retiendrai :

Celle de la prière de 18h, à genoux sur le tapis familial, et qui durait plus ou moins longtemps en fonction du bon vouloir du directeur.trice de la prière.

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Le plongeur

Efstathiadis, Minos

Actes Sud

21,00
5 janvier 2021

Grèce, policier

Après avoir lu le très bon billet de Delphine-Olympe sur ce roman, je savais qu’il fallait que je lise ce polar grec.

Le récit est au départ plutôt sur le ton de l’humour : un détective privé grec qui travaille à Hambourg ; pas beaucoup de clients sauf ce mystérieux vieux monsieur à qui on donnerait 100 ans d’âge. Il doit suivre Eva Döbling pendant 48 heures, mais s’endort dans la chambre d’à côté.

Bien évidemment, quelques jours plus tard, le vieux monsieur est découvert pendu chez lui, et la jeune femme, qui s’est rendu dans le Péloponnèse, est retrouvée noyée dans le golfe de Corinthe.

Chris Papas retourne donc sur les terres de son enfance pour éclaircir ce mystère, la police allemande à ses trousses.

Ne vous y trompez pas, au fur et à mesure de l’enquête de Chris, se fait jour un terrible épisode de l’invasion allemande pendant la Seconde Guerre mondiale : la maison de la Vérité.

J’ai aimé Chris Papas, alias Christos Papadimitrakopoulos, personnage qui est le jouet de volontés plus anciennes et plus fortes que lui.

J’ai aimé Stelios le pêcheur grec dont le fils, Adonis âgé de 14 ans, n’a plus de poumons. Un fils qui aime qu’on lui lise Le petit Prince. J’ai aimé le sacrifice du père, si beau.

Je me suis demandée pourquoi le vieux monsieur avait écrit un roman lui-même nommé Le Plongeur, mais qui ne parle pas de plongée.

Et pourquoi cette phrase d’Eschyle en grec ancien : Hélas ! Un coup mortel a déchiré ma chair !

Quand tout est mis bout à bout et que l’on a l’explication historique qui clôt le récit, on en vient à douter du genre humain. L’auteur se paie même le luxe de nous fournir la notice explicative.

Un polar glaçant qui met à jour la terrible Maison de la Vérité.

L’image que je retiendrai :

Omniprésent dans tout le roman, ce bout de cordelette.

https://alexmotamots.fr/le-plongeur-minos-efstathiasdis/

Autoportrait en chevreuil
18 décembre 2020

Vie moderne

Quelle belle première de couverture qui me rappelle les tapisseries chez ma grand-mère (même si je n’y ai jamais vu de chevreuil).

J’ai aimé qu’il soit question d’un narrateur dont le père est « maboul » : c’est un guérisseur qui coupe le feu, et traque les ondes scalaires dans les bois.

La mère du jeune homme est morte quand il était petit, et le père se remarie avec une boulangère (enfin, la serveuse de la boulangerie). Le père est persuadé que sa femme est enceinte d’une fille, et le bébé sera prénommé Ann, comme prévu.

Si l’adolescent est d’abord proche de ce demi-frère, il le voit se développer dangereusement.

Jusqu’au grand accident.

J’ai aimé la seconde partie, dans laquelle une jeune fille tombe amoureuse du narrateur, qu’elle trouve bancal.

J’ai aimé le père qui éduque comme il peut ses deux enfants, avec des méthodes pas très orthodoxes parfois.

Un jeune homme pas si lisse qu’il n’y paraît.

Quelques citations :

J’ai appris qu’il existe un mode spécifique en hébreu : l’infinitif absolu. (…) certitude ancrée dans chaque mot, dans chaque proposition.

Il existe en japonais le mode du tentatif. Si j’ai bien compris, c’est le mode de la suspension. Quand on parle au tentatif, on maintient les choses dans une forme d’incertitude existentielle. (…) A u tentatif, le fait exprimé peut à la fois être et ne pas être, les deux sont possibles et se superposent. (p.23)

Je crois que nous avons un âge qui nous définit le plus profondément, notre camp de base existentiel, le carrefour auquel on revient sans cesse. (p.87)

L’image que je retiendrai :

Celle du chevreuil tombé dans la piscine municipale.

https://alexmotamots.fr/autoportrait-en-chevreuil-victor-pouchet/