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Alex-Mot-à-Mots

https://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Conseillé par
22 novembre 2022

Sport

De l'auteur, j'avais adoré Kafka sur le rivage, un peu moins 1Q84.
Pratiquant moi-même la course à pied, très modestement, j'ai longtemps tourné autour de ce texte.
J'ai découvert un homme qui court un marathon par an et un triathlon 6 mois après.
J'ai été étonné qu'il parle peu des douleurs physiques.
Mais j'ai aimé lire combien ces courses lui étaient indispensables pour pouvoir écrire de si beaux livres.
J'ai été étonné de découvrir qu'il s'était lassé de l'écriture sur un coup de tête.

Une belle citation : Pain is inevitable. Suffering is optional.

Gabrielle Massat

Points

8,80
Conseillé par
18 novembre 2022

policier

L'idée de départ est la plus originale que j'ai lu jusqu'à présent : tuer quelqu'un en lui faisant avaler une dose fatale de paracétamol.
Sauf que le héros Yannick en réchappe, mais perd son foie au passage. Et comme son amant vient de le quitter, il n'est pas raisonnable et mène une vie de débauche.
Sauf qu'il est sensé couvrir les placements artistiques d'un chef de la pègre toulousaine, et que cela ne se passe pas comme prévu.
Si j'ai bien accroché au départ, le peu de cas de sa greffe que fait Yannick a fini par m'énerver.
Et puis les rebondissements deviennent trop nombreux, une chatte y perdrait ses petits.
Trop de détails inutiles viennent alourdir ce roman déjà bien touffu, et j'ai terminé en avance rapide.

Lucie Rico

P.O.L.

19,00
Conseillé par
17 novembre 2022

vie moderne

De prime abord, je ne serai pas allée vers ce genre de roman si mon Grand Couassous n’avait pas participé au Prix littéraire de France Culture : je lui ai emprunté son livre.

C’est un roman à l’univers étrange où l’auteur emploie la deuxième personne pour parler de son personnage, Ariane.

Mais qui est le personnage principal : Ariane qui vit recluse, ou Sandrine sa meilleure amie qui disparaît, ne laissant qu’un point rouge sur le GPS d’Ariane ?

Qu’est-il arrivé à Sandrine ? Est-elle partie avec un connard de la fête ? Est-elle le cadavre brûlé retrouvé non loin du point rouge ?

Et pourquoi ce point rouge sur le smartphone d’Ariane bouge-t-il ?

J’ai eu du mal à osciller entre l’univers onirique des déplacement de Sandrine (les lieux de l’enfance commune aux deux amies, les voyages qu’elles n’ont jamais faits) et les données froides du GPS.

J’ai aimé les noms de lieu : le lac du Der, la rue du renard, la ruelle des cailloux.

Un sacré roman sur la vie moderne, notre dépendance aux objets connectés qui nous déconnectent de la vie et du rêve.

Deux citations :

"Le paysage semble s’être comme Sandrine offert une opération de chirurgie esthétique. Tu apprécies ce monde, sans météo, sans contrainte, sans choix."

"Entre le moment de la photographie en 360° d’un lieu et son apparition sur Google Maps, il se déroule plus de six mois. Si une bombe nucléaire ravage ta ville, elle restera intacte sur la carte pendant deux saisons. Cette pensée te rassure."

L’image que je retiendrai :

il est beaucoup question de feu dans ce roman : le prénom Sandrine, et l’amant d’Ariane qui est pompier, comme un contre-point à la froideur du monde virtuel.

https://alexmotamots.fr/gps-lucie-rico/

Lola Lafon

À vue d'oeil

24,00
Conseillé par
17 novembre 2022

Anne Frank

Il y a quelques années, en faisant la queue en attendant d’entrer dans le musée Anne Frank, trois jeunes filles effectuaient un sondage pour savoir qui, dans cette queue, avait lu le livre de la jeune fille. Autour de moi, j’étais la seule. Certains en avaient entendu parler, d’autres étaient là parce que c’était un lieu à visiter dans la ville.

Lola LAFON sait, avant de passer la nuit dans le musée, qui est la jeune fille et a lu son livre, et d’autres écrits d’études autour de ce livre.

J’ai aimé que l’auteure parle du vide, de l’absence et de ses traces.

J’ai moins apprécié les différentes citations de divers auteurs, toutes à juste propos, mais un peu trop nombreuses à mon goût, comme si l’auteure elle-même n’arrivait pas à dire aussi bien que d’autres auteurs.

J’ai aimé sa mise en miroir avec son histoire familiale : sa mère juive cachée pendant la guerre, son identité juive parfois cachée.

J’ai aimé son regard sur la grande soeur d’Anne, Margot, qui écrivait aussi un journal qui n’a jamais été retrouvé. Margot dont on ne parle pas, la fille la plus oubliée de la famille.

J’ai aimé son discours sur la danse classique : « Elle était là ma religion, elle sentait la colophane et la sueur. Je l’avais trouvée ma terre : on y souffrait, on s’y taisait. » (p.47)

J’ai été étonnée de découvrir qu’Anne avait retravaillé son texte, que de son premier jet de journal intime, elle l’avait adressé à Kitty pour prendre de la distance.

La fin m’a étonnée, plus universelle.

Quelques citations :

"J’adopte un ton détaché, je parle de mon travail, des jeunes filles qui sont au cœur de mes romans : toutes se confrontent à l’espace qu’on leur autorise. Toutes, aussi, ont vu leurs propos réinterprétés, réécrits par des adultes." (p.14)

"Naître après, c’est vivre en dette perpétuelle. Chaque enfant sera un miracle. Il aura le devoir d’être sur-vivant. Elle laisse sans voix, sans possibilité de s’y mesurer." (p.43)

"On leur opposera le mutisme. Parce qu’on ne pourra pas dire qu’au contraire, en frôlant la mort, on clame qu’on l’a vaincue". (p.170)

« … ces filles qui se laissent mourir ont une raison commune et secrète, qu’elles cherchent à savoir où est la vie et où est la mort, à cause de quelque chose qu’il fallait leur dire, qu’on n’a pas pu leur dire, quelque chose qui leur fait peur » écrit par Geneviève Brisac dans le roman Petite. (p.170)

L’image que je retiendrai :

Celle des images omniprésentes, comme si il fallait trouver sur les photos une présence qui se dérobe.

https://alexmotamots.fr/quand-tu-ecouteras-cette-chanson-lola-lafon/

Liana Levi

11,00
Conseillé par
17 novembre 2022

corruption, Ukraine

J’ai eu de la peine pour ce pingouin dépressif qui se traîne entre sa gamelle, la fenêtre et la baignoire pleine d’eau.

J’ai été émue par le personnage principal qui ne comprend pas trop ce qui se passe autour de lui : son chef qui disparaît puis ré-apparaît quand la poussière est retombée ; la petite Sonia qui lui est confiée.

J’ai aimé la bougie posée sur le pot de mayonnaise qui ouvre et ferme le récit.

J’ai eu froid depuis le début de l’automne jusqu’à la fin du printemps.

Mais surtout, j’ai été hallucinée de découvrir la corruption qui règne dans le pays où tout se paye en dollars. Comme aux États-Unis, si vous voulez être soigné, il faut payer.

Mais je suis restée sur ma faim : que va devenir le pingouin ?

L’image que je retiendrai :

Celle des grammes de Cognac que boit le personnage principal tout au long du récit.

https://alexmotamots.fr/le-pingouin-andrei-kourkov/