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Alex-Mot-à-Mots

https://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Suivi de La Retraite du juge Wagner

Actes Sud

6,50
5 août 2021

arme à feu

Deux histoires courtes qui ont en commun une arme à feu (pas la même, mais elle paraît incongru dans chacune des histoire).

D’abord Rose, qui depuis une scène de couple orageuse se promène avec un pistolet dans son sac. Un soir, elle fait la connaissance de Luc et petit à petit, ils habitent et travaillent ensemble.

Mais même si Luc est riche, Rose ne se sent pas bien dans sa nouvelle vie.

Jusqu’au drame.

Dramatique aussi la seconde histoire, celle d’un vieux juge à la retraite qui se fait voler un soir son arme à feu. Depuis qu’il n’avait plus de protection policière, elle était rassurante, car les corses étaient à sa recherche.

Mais l’irruption dans sa vie du jeune Johann qu’il prend sous son aile contrecarre ses plans.

J’ai aimé Rose, femme perdue de 50 ans aux belles gambettes.

J’ai aimé le vieux juge qui regarde la vie avec beaucoup de recul.

Deux histoires fortes comme sait les écrire Nicolas MATHIEU.

Quelques citations :

Elle avait reconnu cette crispation sur son visage, cette laideur des hommes dépassés. C’était toujours la même histoire. On touchait l’orgueil et c’est le poing qui tombait. (p.17)

une de ces natures mortes flamandes où la matière console des vicissitudes terrestres. (p.111)

L’image que je retiendrai :

Celle des odeurs de café au petits matins.

5 août 2021

années 80, enquête, tabac

Plonger dans un roman de Marin LEDUN, c’est être certain de passer de belles heures intelligentes de lecture. Chaque roman est différent et surprenant.

Celui-ci est hyper bien documenté et m’a plongé dans les années 80 au milieu des requins de Big Tobacco.

L’histoire commence le 28 juillet 1986 par le braquage, au Havre, de deux camions-citernes remplis d’ammoniac liquide destiné à une usine de cigarettes. 24 000 litres envolés, sept cadavres, une jeune femme disparue.

Les OPJ Nora et Brun enquêtent. Vingt ans durant, des usines serbes aux travées de l’Assemblée nationale, des circuits mafieux italiens aux cabinets de consulting parisiens, ils vont traquer ceux dont le métier est de corrompre, manipuler, contourner les obstacles au fonctionnement de la machine à cash des cigarettiers.

David Bartels, le lobbyiste mégalomane qui intrigue pour amener politiques et hauts fonctionnaires à servir les intérêts de European G. Tobacco. Anton Muller, son homme de main, exécuteur des basses oeuvres. Sophie Calder, proxénète à la tête d’une société d’évènementiel sportif.

Des personnages haut en couleur et plus vrais que nature, prêt à tout pour vendre leur produit.

J’ai aimé que l’auteur me parle d’hommes ambitieux, de leurs petites mains, et de ceux qui veulent les faire tomber.

J’ai aimé le combat de David contre Goliath.

J’ai aimé le travail en commun de Bartles et Sophie qui ne manquent pas d’idées pour sponsoriser les courses de voitures (Grand Prix de F1 et ses ambrella girls) et ainsi faire de la publicité pour Big Tobacco.

Le style un peu direct m’a parfois dérangé, j’aurai préféré que certaines phrases soient plus longues pour développer le propos. Mais chaque chapitre décrit une journée au fil des 20 ans de l’enquête de Nora, et doit résumer ce qu’il s’est passé entre chaque chapitre. Un vrai tour de force qui ne perd jamais le lecteur.

Quelques citations :

Ses collègues de l’Office Européen de Lutte Antifraude à Bruxelles l’ont surnommé Virginia Wolf, en référence à la célèbre écrivaine anglaise, parce qu’il passe ses journées à noircir des feuilles de papier de notes comme un moine copiste. Virginia, comme la variété de tabac privilégiée de la firme European G. Tobacco. Wolf parce qu’ils l’imaginent hurlant à la mort, les nuits de pleine lune, du haut de la tour OLAF. (p.398)

C’est même l’un des traits caractéristiques de la torture moderne, monsieur Rojas : la victime se l’inflige à elle-même. (p.441)

C’est l’invention de ces dix dernières années. Après le marketing du plaisir immédiat, nous sommes entrés dans l’ère de la menace. (p.442)

L’image que je retiendrai :

Celle des pièces enfumées des années 80 et qui ont complétement disparu de nos jours. Je ne m’en plains pas…

Roman

Albin Michel

21,90
5 août 2021

1939-1945, policier

J’ai aimé me plonger dans cette histoire, découvrir Angela, une jeune femme pleine de vie.

J’ai aimé suivre l’enquête pas à pas, découvrir l’entourage de la morte, surtout celui de son oncle qui la retenait prisonnière.

J’ai aimé retrouvé Eva Braun et découvrir l’origine de sa liaison avec le Führer.

J’ai découvert que le mouvement nazi avait grandi à Munich, une ville riche historiquement et que l’auteur m’a fait découvrir.

La résistance allemande est encore présente, et cette affaire pourrait aider à faire tomber le petit caporal.

Un roman dont les pages sont pleines de chemises brunes, pas encore noires ; où les personnages commencent à se méfier de tout le monde.

Une plongée historique dans une mort jamais élucidée.

L’image que je retiendrai :

Celle des robes de luxe d’Angela, acquise à un prix impensable.

Presses universitaires de France

19,00
11 juillet 2021

essai

Des citations éclairantes :
Ce temps de cerveau, nous pouvons aussi bien en user pour apprendre la physique quantique que pour regarder des vidéos de chats. (p.21)
Une anecdote tirée de mon expérience d’enseignant (:) lors d’un cours (…) j’ai introduit cette notion d’effet cocktail. Comme toujours, quand je parle, certains de mes étudiants ont le nez plongé sur leur téléphone portable. Ce jour-là, une étudiante qui avait pris soin de se placer tout en haut de l’amphithéâtre ne paraissait pas écouter un traître mot de ce que je racontais. Vint le moment de la description de l’effet pop-up que provoquent certains mots et c’est alors que j’ai prononcé le mot « sexe » : cette étudiante a instantanément levé les yeux de son téléphone, un peu éberlué, comme si elle avait raté quelque chose d’essentiel. (p.95)
Cette tendance de l’esprit humain à surestimer l’importance d’une information qu’il rencontre pour la première fois. (p.226-7)
A propos des supercheries : assurons-nous bien du fait avant que de nous inquiéter de la cause. (p.238)
Les grandes firmes ne répondent pas tant aux demandes des individus qu’elles ne les fabriquent. (p.247)
Le désir de trouver des réponses : Ce désir est tout simplement enfoui dans notre cerveau, de même que le désir de distinction, l’appétence pour la conflictualité et la sexualité. (p.250)
A propos du Top 50 (Alain de Greef) : Pendant les années que cette émission allait durer, le goût de chiotte de nos compatriotes en matière de chanson fut largement mis en valeur. (…) J’ai tiré de cette aventure qu’il ne fallait jamais prendre le pari sur le goût du plus grand nombre. (p.253)
Ce n’est pas la qualité de l’information qui lui assure une bonne diffusion mais plutôt la satisfaction cognitive qu’elle procure. (p.261)
A propos de l’effet Streisand : il arrive que les efforts fait pour empêcher la diffusion d’une information y contribuent. (p.273)
Il n’y a pas de groupe humain sans relation de pouvoir. (p.281)
Le réel suffit rarement pour défaire la croyance. (p.284)
Une telle désintermédiation est patente chez (Donald Trump) : l’idée est de se servir des réseaux sociaux pour parler directement au peuple et enjamber les intermédiaires traditionnels qu’étaient les partis, les syndicats ou encore les médias. (p.302)
La vie politique, partout, fourmille d’effet cobra. En raison du caractère court-termiste des décisions qui sont prises, on se fonde trop souvent sur des intuitions ne tenant compte que des effets primaires, et non secondaires, des initiatives politiques. (p.352)

https://alexmotamots.fr/apocalypse-cognitive-gerald-bronner/

19,50
11 juillet 2021

mémoire, vie moderne

Tout au long de ma lecture, j’ai pensé à l’étude S/Z de Roland Barthes, car le personnage principal de ce roman est Me Susane.
D’elle, nous saurons peu de choses : elle va voir régulièrement ses parents en banlieue, elle vient d’ouvrir son cabinet à Bordeaux, elle voit encore son ancien petit ami Rudy qui a maintenant une petite fille Lila, elle emploie une femme de ménage, elle est chargée de la défense de Marlyne Principaux.
Nous ne saurons jamais le prénom de Me Susane, et j’ai aimé le nom Principaux.
Lorsque Me Susane rencontre pour la première fois le mari de sa cliente, lui revient en mémoire un moment de son enfance dont elle cherchera à tout prix à se souvenir, au risque de couper ses relations avec ses parents.
Ce roman est un roman exigeant qui mêle plusieurs narration : Me Susane qui cherche à se souvenir ; Marlyne et sa relation avec son mari ; la femme de ménage Sharon qui cache des choses à son employeure.
Un roman exigeant au niveau du style : des mots rares se glissent dans la narration, coupant le rythme de lecture ; les monologues sont pleins de mais ou de car suivant le personnage (ce qui permet aussi de le définir).
J’ai aimé l’écharpe orange comme un fil rouge de Me Susane à Sharon puis à Lila.
L’image que je retiendrai :
Celle du froid mordant qui fait que Me Susane tombe et se blesse.

https://alexmotamots.fr/la-vengeance-mappartient-marie-ndiaye/