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Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

LE TEMPS DES ORPHELINS
21 août 2019

camp de concentration

Le roman s’ouvre sur la lettre d’Ethel, sa femme, qui raconte sa vie depuis le départ de son mari. Ses lettres viendront ponctuer le récit, offrant un bol d’air bienvenu.

Car avec Daniel, nous plongeons petit à petit dans l’enfer des camps ainsi que dans l’enfer du doute.

L’éternelle question : Comment Dieu a-t-il pu laisser faire cela ? est traitée avec force dans ce livre. Petit à petit, le rabbin en vient à douter. Lui qui n’est rabbin que pour faire plaisir à son père voit sa foi ébranlée par tant de cruauté.

Toute la force de ce livre réside dans le fait de m’avoir fait sentir cette double descente aux enfers.

Heureusement, un enfant vient prendre la main de Daniel, et celle du lecteur également.

Et que dire de cette fin qui m’a laissée sur le carreau.

Un roman puissant, qui m’a laissé le temps de m’installer dans le récit, pour mieux me laisser suspendue à la dernière page.

L’image que je retiendrai :

Celle de la couverture écossaise que Daniel pose sur les épaules du garçon.

https://alexmotamots.fr/le-temps-des-orphelins-laurent-sagalovitsch/

Eva dort
21 août 2019

famille, Italie

De l’auteure, j’avais beaucoup aimé son second roman "Plus haut que la mer", ainsi que son tout dernier "Tous, sauf moi".
Je prends donc le temps de lire son premier qui se déroule en Italie, dans le Sud Tyrol où l’on parle allemand.
Eva voyage en train depuis son Tyrol du Sud natal jusqu’en Calabre pour rendre visite à Vito, disparu de sa vie trop tôt.
Durant ce trajet du nord au sud de l’Italie, de sa région frontalière et germanophone au Sud profond, c’est toute son enfance et l’histoire de sa mère Gerda qui défilent dans sa tête.
Celle-ci, fille-mère, était parvenue à mener une prestigieuse carrière de chef cuisinière quand elle rencontra un sous-officier des carabiniers luttant contre le mouvement indépendantiste, Vito…

Et Eva de se souvenir du destin du Haut-Adige, passé en 1919 de l’Empire austro-hongrois défait à l’Italie, que Mussolini essaya d’italianiser de force.

Pendant 1 387 kilomètres, j’ai découvert l’histoire mouvementée de ce petit morceau d’Italie et de ses habitants.

J’ai grandi avec Eva, suivi Gerda et ses amours malheureuses.

Si j’ai suivi avec passion encore une fois le propos politique de l’auteure, j’ai moins aimé les paragraphes descriptifs du travail de Gerda en cuisine. Mais ils ne sont pas nombreux.

J’ai tremblé avec Ulli annonçant son homosexualité à sa famille et rejeté par son petit frère. Mais j’ai passé de bon moment avec lui et Eva dans la dameuse.

J’ai aimé Vito, droit et fière, qui adopte presque Eva, mais qui ne peut se résoudre à quitter sa mère.

J’ai ri avec M.Song, immigré chinois, et devant se décider pour une appartenance : allemande, italienne ou ladine ?

Et bien sûr, j’ai laissé dormir Eva.

L’image que je retiendrai :

Celle de la petite Eva et son ami Ulli dans leur refuge sur l’Himalaya.

Une citation :

C’est comme si quelqu’un n’avait pas envie que l’Italie devienne une vraie démocratie, lui avait dit Magnago. (p.391)

https://alexmotamots.fr/eva-dort-francesca-melandri/

Némésis : courts romans : Némésis
13 août 2019

colère, vengeance

Pendant l’été 1944, à Newark, Bucky Cantor, un jeune homme de vingt-trois ans, anime un terrain de jeu. Lanceur de javelot, haltérophile, il a honte de ne pas prendre part à la guerre en raison de sa mauvaise vue.

Mais voici qu’une épidémie de polio provoque des ravages parmi les enfants qui jouent sur le terrain. Elle lui offre l’occasion d’éprouver son sens du devoir alors que l’incompréhension, la panique et la colère grandissent dans la petite communauté.

La première partie du roman se déroule dans le quartier juif de Newark où la polio fait son arrivée, tuant de jeunes enfants, ce qui révolte Bucky.

Il a l’opportunité d’aller travailler dans un camp de vacances dans les montagnes auprès de sa fiancée, loin de la maladie, et il accepte. La seconde partie du roman se déroule dans le camp.

Mais la maladie arrive aussi dans les montagnes.

Enfin, la troisième et dernière partie voit se rencontrer le narrateur et Bucky quelques 25 ans après.

Philip Roth a l’art de rendre réel ses personnages et les situations. J’ai senti monter la panique de l’arrivée de la polio dont on ne savait à ce moment-là ni comment la soigner ni comment elle se transmettait.

J’ai pris un bon bol d’air et de fraicheur dans les montagnes, malheureusement pas pour longtemps.

La situation de ce quartier juif de Newark rappelle étrangement la situation des Juifs d’Europe en ces années.

J’ai été moins sensible à la colère de Bucky envers Dieu.

Mais j’ai aimé le propos de l’auteur : comment réagirions-nous, ou réagissons-nous face à la contingence ? Bucky, pourtant force de la nature, perd pieds.

Lanceur de javelot, il s’imagine qu’il est le porteur sain de la maladie et que, tel son javelot, il l’a lancé dans le camp de vacances.

L’image que je retiendrai :

Celle de la colère des mères de Newark exacerbée par la canicule.

Quelques citations :

Il était frappé de voir à quel point les vies divergent, et à quel point chacun d’entre nous est impuissant face à la force des choses.

Tu n’as jamais u mettre les choses à la bonne distance, jamais !

Il y a une épidémie, il a besoin de lui trouver une raison. Il faut qu’il se demande pourquoi. (…). Que cela soit gratuit, contingent, absurde et tragique ne saurait le satisfaire.

https://alexmotamots.fr/nemesis-philip-roth/

Crimes et abeilles n°5, Dix petits frelons

Dix petits frelons

Palémon

10,00
13 août 2019

Giverny, policier

5e enquête de l’apicultrice qui nous emmène dans un autre coin de France, et non des moindre avec pour cadre Giverny.
Audrey s’y rend pour en apprendre plus sur la gelée royale auprès du prêtre éducateur Grégory Larcher. Mais le vol d’un dessin de Monet va venir contrecarrer ses plans.
Lebel, même s'il l’accompagne, est moins présent dans cette enquête, trop occupé par ses conquêtes féminines.

En revanche, le gendarme en charge de l’affaire prend les choses en main, à charge contre le prêtre. Audrey fera donc tout pour découvrir le vrai coupable. Difficile, car pendant ce temps, les protégés du prêtre qu’il appelle amicalement ses frelons, disparaissent les uns après les autres.
J’ai aimé me promener dans le village de Monet et ses alentours, imaginer le fameux dessin disparu.
Encore une fois, j’ai appris pleins de choses sur les abeilles, et non pas sur la gelée royale, mais sur le frelon asiatique.
La fin m’a laissé sur les dents : qui a bien pu envoyer le fameux bouquet ?
Merci, Mme Valérie Valeix, non seulement j’en apprends plus sur les abeilles à chaque nouveau roman, mais en plus je voyage dans mon fauteuil.

L’image que je retiendrai :
Celle des frelons qui n’attaquent pas directement les abeilles mais les empêchent de s’envoler de la ruche.

https://alexmotamots.fr/dis-petits-frelons-valerie-valeix/

Le sourire étrusque
12,00
11 août 2019

transmission

Salvatore âgé de 75 ans arrive à Milan chez son fils pour y subire des examens médicaux à cause du cancer qui lui ronge les intestins. Mais Salvatore n’aime pas cette ville du Nord, lui le paysan de Calabre, ni sa belle-fille Andrea.
Seul Brunettino, son petit-fils de 13 mois, trouve grâce à ses yeux, au grand dam de la nourrice et femme de ménage.

Une rencontre fortuite dans la rue lui fait croiser la route d’Hortensia qui elle aussi lui ouvrira les yeux sur le monde et les femmes.

J’ai aimé découvrir ce vieil homme, ancien maquisard, aux idées bien arrêtées sur ce qu’est un homme, mais aussi capable de donner de l’affection à son petit-fils.

Un homme qui ne jure que par son fromage de chèvre et le pain de son pays, sans oublier son vin râpeux.
Un homme qui souhaite ne surtout pas mourir avant son vieil ennemi, car la mort et le sang ne lui font pas peur.
Un homme qui découvre que les femmes sont l’autre pôle de l’humanité, et qu’elles sont fortes, elles aussi.
Un homme entier, d’une autre génération, d’autres luttes, mais si attachant.

L’image que je retiendrai :
Celle du livre de référence sur l’éducation d’André, alors qu’il est si simple de prendre un enfant dans ses bras.
https://alexmotamots.fr/le-sourire-etrusque-jose-luis-sampedro/