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Nathalie M.

L'année du chien

Héloïse d'Ormesson

20,00
par (Libraire)
26 mars 2020

Les histoires d'amour finissent mal...

Ava et Paul, une femme et un homme presque trentenaires, sortent tous deux d'une histoire d'amour qui a duré un peu dans le temps, alors qu'évidemment l'un et l'autre espéraient que ça durerait toujours.
Et pourtant, l'une a quitté, l'autre s'est fait quitter.
On découvre de ce point de départ, deux personnalités qui s'attirent mais souhaitent se cantonner à l'expérience d'amitié.
L’amitié, ça peut durer toute la vie, non ?
Ils se découvrent, se dévoilent, se donnent à savoir l’un à l’autre mieux que des amoureux.
Chacun tente des rencontres, les dit à l'autre, cherchant conseils, regard extérieur voué à les rassurer sur leur capacité à être aimé, sur le fait d’être aimable.
Chacun va son propre chemin dans les méandres du sentiment amoureux dont chacun cherche la définition, celle correspondant à sa personnalité, en fait, loin de tout absolu inatteignable, humainement parlant, j’entends.
Les expériences sexuelles et amoureuses complexes vécues par l’un et l’autre, qu’elles soient réussies ou fiascos sont très bien décrites, écrites.
Elles donnent à percevoir les fourvoiements et les déceptions en chaîne auxquels elles peuvent mener de tenter les rencontres tout azimut dans la seule idée de fuir la solitude qui s’insinue, prend toute la place.
C'est un roman d'aujourd'hui qui parle de l'insaisissable amoureux qui semble un mystère complet à chacun, dans cette époque étrange et passionnante à la fois, de tous les possibles dont on ne sait plus que faire.
C'est un roman de grande finesse, truffé de références littéraires, de questionnements intimes qui feront écho à chaque lecteur, des divers points de vue délivrés avec grande pertinence.
Tout le long de l'ouvrage, on se demande vers quoi ça va, qu'on ne sait qu'à la toute fin, laissant encore possible tant de possibles. Extrêmement bien écrit, le récit est mené d'une main de maître.

Croire aux fauves
par (Libraire)
24 mars 2020

Baiser de l'ours

Est-ce une métamorphose ? Est-ce une quête existentielle ? Est-ce laisser advenir de l’inéluctable qu'elle porte en elle ?
Nastia est anthropologue. Elle étudie les peuples des forêts en Russie.
Lors d’un de ses voyages, elle est allée seule sur les traces de l’ours, l’a rencontré, s’y est affrontée au point d’en perdre une partie de sa mâchoire, d’en être traumatisée, d’écrire à ce sujet.
De cette attaque, elle revient meurtrie en France, devant subir plusieurs opérations de reconstruction.
Reconstruction pas uniquement physique.
Reconstruction peuplée de voyages et de rêves auxquels elle voudrait donner sens pour tenter de comprendre ce qui se jouait là ; la part ours entrée en elle, ce qu’elle a laissé à l’ours de sa propre humanité.
Jusqu’à ce qu’elle décide de ne plus chercher sentant le danger de se perdre, de perdre la raison.
Jusqu’à ce qu’elle accepte de ne pas comprendre.
C'est écrit au plus juste de l'expérience, jalonnant les méandres et à bien y lire, ça pousse aux confins de nos présences au monde, effleurant l'indicible, le plus grand que soi.

Les Ronces

Cécile Coulon

Le Castor Astral éditeur

7,99
par (Libraire)
20 mars 2020

Poésie d'aujourd'hui

C'est drôle la poésie. C'est fou, l'effet que ça peut avoir sur vous.
Cécile Coulon dans ses poèmes porte un regard tout à fait pertinent sur le monde, sur les êtres au monde.
Elle sait poser les contours de l'indicible et le rend perceptible, saisissable.
D'une situation ordinaire, quotidienne, elle soutire grâce aux mots justes scandés, l'essence même des petits riens autant que des grands sentiments qui nous submergent souvent.
Et cela fait un effet tel, qu'après lecture de chaque poème, soit vous le relisez séance tenante, soit vous restez suspendu, à déguster, à savourer les mots longuement, avant de passer au poème suivant.
Dans les petits interstices de la vie, avant d'en reprendre le cours, qu'il est bon de lire un poème de Cécile Coulon !

Play Boy

Constance Debré

Stock

6,99
par (Libraire)
20 mars 2020

Écrire sa réalité

L'auteure écrit le moment de sa vie où elle vient de quitter son mari et son fils. C'est une période de crise, de quête, d'affirmation de soi.
Elle raconte comment elle perçoit, elle sait les êtres autour : sa famille, ses collègues, ceux qu'elle défend ( elle est avocate ). Elle dit la bourgeoisie dont elle est issue, ses codes, la liberté que ça lui donne. Elle dit l'injustice fondamentale d'être pauvre, à laquelle elle échappera toujours.
Elle dit sa sexualité, son désir des femmes qu'elle assouvit enfin.
Elle dit le plaisir que c'est pour elle de jouir du corps des femmes, de les faire jouir aussi. Elle dit l'importance du désir plus que le plaisir. Elle dit aussi les échecs que cela peut être ses tentatives avec les femmes. Elle dit la difficulté d'aimer. Qu'est-ce que c'est qu'aimer ? Elle dit son égoïsme et par là même, offre à sortir des discours peut-être mensongers ou peu fouillés habituels quant au désir, à la sexualité, à l'amour dans ce qui est trop souvent idéalisé. Aimer ne change rien à rien. Il reste à vivre, c'est tout.
Après " Play boy ", l'auteure sort en ce mois de Janvier 2020, " Love me tender ".
Une écriture directe, percutante, sans fioritures ; à suivre parce qu'elle interpelle. Et c'est bon d'être interpellé.

Frère d'âme

David Diop

Le Seuil

6,99
par (Libraire)
20 mars 2020

Méandres poétiques

Imaginez... Vous êtes arraché à votre terre, à votre culture pour aller faire la guerre, la grande dans les tranchées.
Vous êtes en première ligne, incompris de ceux qui sont devenus soldats comme vous, à subir la même violence que vous.
Voici l'histoire d'Alfa, tirailleur sénégalais qui va perdre son ami Mademba, seul soldat dont il se sentait proche.
A partir de ce moment, on entre dans la logique d'Alfa, comme transformer la violence, lui donner sens. On tente de saisir cette violence permanente et peu à peu, dans une langue poétique ( c'est toute la force de cet ouvrage ), on entre dans la folie et son cheminement intime.
Époustouflant !