Suivez-nous

Sabine D.

Brûlant était le regard de Picasso

Eugène Ébodé

Gallimard

20,00
par (Libraire)
16 mars 2021

Le fabuleux destin de Mado

Ce roman retrace le fabuleux destin de Mado, née en 1936 au Cameroun, d’une idylle entre un jeune entrepreneur suédois et une jeune femme camerounaise. Arrachée à sa mère biologique, adoptée par un couple de colons français, bringuebalée d’un pays à un autre et confiée à un pensionnat catholique à Perpignan, son existence est régie par les conventions sociales, les bousculades de l’histoire, les errances et les arrangements tacites. Adolescente métisse, solitaire, introvertie, froide, livrée aux regards curieux, elle se laisse convaincre que sa vie est ainsi faite, même si elle n’est pas conforme à ses souhaits jusqu’au coup de foudre avec Marcel, qu'elle épousera en 1953 et avec lequel elle s’installera dans le village de Ceret, alors très prisé par nombre d’artistes en exil (Picasso, Dali, Miro, Matisse, Soutine, Chagall…). Tout le monde apprécie sa personnalité, son élégance, sa beauté et son professionnalisme, mis au service de l’art et de la culture à travers le développement du Musée d’art contemporain. Dans une langue riche et puissante l’auteur rend un hommage vibrant à Madeleine Petrasch dont la vie est un modèle de résilience, embarquée dans les remous de la guerre et de l’histoire coloniale, mais aussi dans une riche aventure artistique dont elle fut à la fois l’égérie et le bras armé.

Mike, récit

récit

Gallimard

20,00
par (Libraire)
10 janvier 2021

Un récit puissant d’humanisme !

Le dessinateur, Emmanuel Guibert rend un hommage émouvant à l’amitié qui le liait à Mike, architecte américain, décédé d’un cancer dans la soixantaine. Il entretenait avec lui une relation en miroir : Mike lui a enseigné sa maladie, en bon pédagogue qu’il était avec ses étudiants en dessin. Il est celui qui a mené leur amitié depuis leur rencontre en 2007. Emmanuel est celui qui lui a donné des forces pour composer avec la maladie et faire un livre. En 2012, alors que Mike entre dans la phase terminale de la maladie, Emmanuel se décide à le rejoindre à Santa Fe pour qu’ils dessinent ensemble à la même table. Mike s’inflige une épreuve de force ultime : le dessin d’observation, en compagnie de son ami, afin qu’il prenne congé du dessin. Ce récit est une touchante et bouleversante confession sur l’importance du détail, de la compassion et de l’empathie. Emaillé de réflexions sur le temps, l’espace, les lieux investis, habités, les déplacements et les dépaysements, il nous apprend le métier de dessinateur, fait de rencontres, de recherche, et les connivences avec le métier d’architecte. Le dessin apparaît comme une tentative herculéenne de rester conscient en vie : dessiner toute sa vie pour préserver, capter l’instant, le réel à travers ses yeux et sa sensibilité. Magnifique leçon de vie de dessinateurs qui dessinent pour vivre le moment où ils dessinent. Un récit puissant d’humanisme !

L'ami

Sabine Wespieser Éditeur

21,00
par (Libraire)
10 janvier 2021

Des voisins bien sous tous rapports

Thierry et Elisabeth vivent, tous les deux seuls à la campagne, dans un endroit isolé, depuis le départ de leur fils Marc au Vietnam. Ils ont sympathisé avec un couple de voisins, Guy et Chantal, jusqu’au jour où le GIGN débarque chez ces derniers pour procéder à leur arrestation. Thierry et Elisabeth sont sous le choc d’une vague qui va les mettre à rude épreuve, en questionnant leurs certitudes : ils n’ont rien vu, rien décelé. Guy, un type bien et serviable, Chantal, une femme discrète, un peu dépressive. Le récit progresse suivant les différentes phases de ce qui les submerge : sidération et pétrification, incompréhension, colère, ressentiment, action et réaction. Thierry veut comprendre et participer à l’enquête. Elisabeth veut quitter les lieux. Les conséquences sont implacables sur ce couple, trahi, berné, se sentant complice, sur leur vie sociale, professionnelle et leur entourage. Dans une première partie, il faut composer avec la médiatisation de l’affaire, subir la meute journalistique et la mécanique judiciaire. Dans une deuxième partie, Thierry se lance dans une introspection dont l’enjeu dépasse l’effet du voisin meurtrier. L’intelligence du récit se conjugue avec le style narratif, incisif et efficace.

La maison des Hollandais, Roman
22,50
par (Libraire)
10 janvier 2021

Une touchante saga familiale américaine

Ce roman relate une saga familiale américaine qui débute dans une maison de banlieue à Philadelphie, acquise en 1943 par le père dont le foyer est rapidement déserté par la mère, livrant aux nurses leurs deux jeunes enfants, Maeve et Danny. Plus tard, cette maison est investie par une femme, devenant l’épouse du père et poussant progressivement ses enfants dehors. Devenus adultes, la soeur et le frère reviennent régulièrement se poster devant la maison de leur enfance dont ils ont été dépossédés à la mort de leur père. Ils sont devenus deux natures fortes construites contre une personne qui a bousculé leur vie. C’est une histoire très touchante et subtile de résilience d’une enfance amputée d’une mère, d’une adolescence entravée par une belle-mère et d’une vie d’adulte à construire sans parents, sans héritage moral et matériel et sans mémoire familiale. La force du récit qui progresse par de subtiles touches, révélant les faits antéchronologiques, réside dans la place centrale qu’occupe cette maison sans âme, mais avec des fantômes persistants, symbole de l’enfance perdue, de l’adolescence torturée et de la reconquête à effectuer.

Antoine des Gommiers, Roman
18,00
par (Libraire)
10 janvier 2021

Un monde où tout s'écrit recto verso

Franky et Ti Tony, deux frères, vivent dans le Corridor, un quartier pauvre de Port au Prince en Haïti. Ils sont apparentés avec Antoine des Gommiers, dit le Grand Devin, mythifié par les haïtiens. Franky s’est mis en tête d’écrire sur cet ancêtre, cherchant à cerner le mystère qui plane sur sa personnalité, petit notable authentique, charlatan ou génie doté d’une sagesse présocratique. Ti Tony, le narrateur, nous fait partager le quotidien du petit peuple du Corridor, sans intimité, où tout s’entrelace, se répand et se répond. Danilo, le bon copain, Antoinette, la doyenne, Moïse, le banquier, Maître Cantave, l’instituteur, Pepe, le caïd et Triangle, son bras droit, Sauveur, le bouquiniste, chacun est dépeint dans un style truculent : profusion de couleurs, d’odeurs, de sons et d’images avec pour seul horizon, le fourmillement et les effluves de la pauvreté. Entre réalité du quotidien, décrite avec le langage de la rue de Ti Tony et reconstitution du passé, relaté avec exaltation par Franky, la question de l’essence de la vie est posée. Le talent de Lyonel Trouillot réside non seulement dans la construction d’un récit à la fois historique, mémoriel et sociologique mais aussi dans son style unique et généreux, qui nous emporte dans un monde où tout s’écrit recto verso.