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Marguerite O.

par (Libraire)
5 janvier 2013

De l'inconvénient d'être mariée, et de l'identité féminine (2)
Publication 1862.
« Je ne puis pas être désintéressée; je ne puis pas fermer les yeux sur les avantages d'une telle alliance ».
Sir Michael Audley est prévenu mais ne veut pas en demander trop à la ravissante Lucy Graham,* gouvernante vouée à une vie d'humiliation et de servitude, dont il est amoureux. Elle a 23 ans, lui 56. Elle devient donc Lady Audley. La fille de Sir Michael, Alicia, n'apprécie guère sa belle-mère mais les gens du village l'adorent: elle est si bonne et si belle. Après une vie de privations elle jouit de sa nouvelle condition, se délectant du luxe et de l'abondance auprès d'un homme qui ne lui refuse rien. En retour elle est une épouse irréprochable. Et ce secret ? Le lecteur commence à deviner quelque chose mais il y a beaucoup de surprises et de rebondissements.
Lady Audley est intelligente et d'une détermination extraordinaire. Elle est souvent perçue comme une antihéroïne qui refuse de subir les lois et conventions qui pèsent sur les femmes de son époque.
Elizabeth Braddon(1835-1915) eut un énorme succès avec ce roman, le premier d'une longue série. Elle dirigea une revue, mena une carrière littéraire éclatante. Ses lecteurs ne savaient pas qu'elle vivait en concubinage avec un homme dont elle eut six enfants, cela ne correspondait pas à la morale victorienne!
Lire en pendant « La dame du manoir de Wildfell Hall ».

*Écho inconscient ou clin d'oeil à « La dame du manoir de Wildfell Hall »? Et il y en aura un autre...

par (Libraire)
5 janvier 2013

De l'inconvénient d'être mariée, et de l'identité féminine (1)

Publication 1848.
Mme Graham s'installe près d'un petit village avec son jeune fils. Elle suscite la curiosité des
trois ou quatre familles comme il faut du voisinage dont la vie manque de variété, il est vrai.
Belle, instruite mais très peu sociable, elle fascine le jeune Gilbert par son intelligence et son aura, si différentes de ce qu'il connaît dans son entourage. De l'avis général, il va épouser la jolie Eliza Millward, la fille du pasteur, même si sa mère ne trouve pas ce parti digne de son fils. Mme Graham oppose un mur opaque à la curiosité des voisins et bientôt commencent les cancans: qui est-elle , est-elle vraiment veuve, qui est le père de son fils ?
Des trois soeurs Brontë, Anne a le plus d'humour et il paraît dans son tableau de la vie d'un village dont elle ne camoufle pourtant pas la médiocrité et la mesquinerie. Quant à l'histoire de Mme Graham, Anne la raconte avec une brutalité et une franchise qui choquent encore. Le livre fit scandale à sa parution et on le déconseilla aux femmes, parce que trop inconvenant. (Comme ses soeurs Anne avait publié sous pseudonyme plutôt masculin, mais les critiques pensaient-ils vraiment qu'un homme aurait écrit ce livre?)
Anne Brontë (1820-1849) a travaillé comme gouvernante. Elle est morte célibataire à 28 ans, après avoir assisté à la déchéance alcoolique de son frère Branwell.
Lire en  pendant « Le secret de Lady Audley » .

par (Libraire)
27 décembre 2012

De prime abord l'auteur nous rassure: pour faire le point sur le mythe il n'est pas nécessaire de lire les quelques 40,000 livres sur le sujet. Ce petit livre présente une bibliographie choisie.
Platon est assez précis: l'Atlantide se trouvait au-delà des Piliers d'Hercule (Détroit de Gibraltar). Cela n'a pas empêché de la situer un peu partout – des Amériques à l'Océan Indien en passant par l'Afrique, la Suède, la Crète etc (mais pas -encore- en Chine ni sous l'Océan Pacifique!) .

Et si Platon a tout inventé? Avec force vieux écrits égyptiens et vénérables prêtres tout aussi égyptiens pour faire sérieux? Il est possible aussi qu'il y ait eu une « transmission » de cette histoire: les Grecs étaient si impressionnés par tout ce qui était égyptien que l'on aurait pu leur raconter des bobards: la bonne blague! En tout cas, il n'y a pas trace de cette légende antérieure à Platon, ni dans les écrits grecs ni en Égypte. Il y a bien sûr Le Déluge chez les Hébreux et les Mésopotamiens...
Ce mythe recoupe parfois les thèmes de la Société Idéale et du Paradis Perdu. Le propre d'un mythe est d'être coriace, restant lui-même malgré toutes les variations et évoluant à travers elles. Cet ouvrage fait un survol des Atlantide de nos fantasmes- idéologiques, religieux, artistiques...
Une vulgarisation sérieuse, mais facile et agréable à lire.

Lafont-Couturier, Hélène

Fage éditions

par (Libraire)
20 octobre 2012

Ave

Genre surnommé aussi « Sabre et sandales ».
Alors, quel péplum vous botte? Cinecittà ou Hollywood? Images de synthèse ou carton-pâte? Mare nostrum ou pax americana? Pour Marc Aurèle vous prendrez Alec Guinness ou Richard Harris? Quant à Cléopâtre, il y a le choix: ce livre nous informe qu'une trentaine de comédiennes ont incarné la reine au cinéma et à la télévision.
Leçon d'histoire ou de mythologie? Pour celle-ci, par définition, toutes les fantaisies sont admises. Quant à celle-là, les historiens et archéologues s'arrachent les cheveux ou se gaussent devant tant d'anachronismes. Mais Hélène de Troie ou Alexandre seront connus du plus vaste public grâce au cinéma.

Genre facile à parodier. Avec leur humour respectif, très anglais, les Monty Python et les Carry On ( « OK Cléo ») s'y sont distingués. Les Astérix sont, en tant que BD, déjà une parodie. Et il y a bien sûr le comique involontaire.
Tous les films qui traitent de l'Antiquité ou de la mythologie sont-ils des péplums? Pasolini, Cacoyannis, « Fellini-Satyricon »? Ou encore « Jules César » de Mankiewicz, dont le scénariste fut un certain William Shakespeare? Pour un péplum faut-il du grandiloquent en plus du spectaculaire? Y a-t-il, pour citer Laurent Aknin, du péplum « d'art et d'essai »?
Comme toute oeuvre qui parle du passé, le péplum reflète l'époque de sa création. Cela vieillit donc. Mal? Oui et non: plus ils sont ringards plus on les aime. Ce deuxième degré n'exclut pas d'être ému par tel ou tel acteur, ravi par les images.
Ce livre très illustré contient de courts essais sur différents aspects du péplum: arrière-plan politique ou idéologique, liens avec la peinture, la BD, la publicité etc. Divertissant et stimulant.

Courtes et longues

par (Libraire)
20 octobre 2012

Ce beau livre est à retenir pour les illustrations splendides de Harry Clarke (1889-1931),dont la finesse et la malice conviennent parfaitement à Perrault.
Il a aussi illustré les contes de Grimm et d'Andersen avec autant de bonheur.Espérons que cet éditeur intéressant les fasse connaître du public français.