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Marguerite O.

Voyage en Italie
par (Libraire)
17 septembre 2012

Voyage en Italie

A 37 ans Goethe part pour l'Italie où il va passer presque deux ans. Il a enfin les moyens et relations qui lui permettent de faire ce voyage car il est désormais un des écrivains les plus célèbres de l'Europe. Il aborde l'Italie en pleine maturité intellectuelle,avec la vivacité et l'énergie de l'homme jeune qu'il est encore. Il a appris l'italien chez lui, le lit. Les Alpes traversées, il se risque à le parler pour la première fois. On le comprend, on lui répond, il comprendça marche! Qui n'a pas eu cette sensation? Et sur le lac de Garde le vent souffle exactement comme Virgile l'avait décrit... Il s'intéresse à tout. A Rome il assiste sur le Corso au grandiose cortège de Charles Stuart,prétendant au trône de Grande-Bretagne. Pendant son séjour à Naples il visite Pompéi, gravit le Vésuve et admire les attitudes de la célèbre Emma Harte(il n'est nullement insensible à la beauté féminine. Le ton de cet épisode est un chef-d'oeuvre d'ambiguïté. Elle est, après tout, la compagne de l'ambassadeur britannique Sir William Hamilton, qui l'épousera en 1790). En Sicile il rencontre la famille Balsamo,c'est à dire celle du comte de Cagliostro (qui lui inspire une pièce -Le grand Cophte). Il lit,dessine,réfléchit,étudie,écrit. La colonie allemande de Rome l'accueille avec chaleur.Tischbein et Kaufmann font son portrait. Si le tableau de Tischbein est le plus célèbre, le Goethe "officiel" en quelque sorte, celui de Kaufmann, plus intime, montre un homme fort séduisant. Il dira plus tard qu'elle l'avait enjolivé mais sur le moment il est très content. Il reconnaît en elle une personnalité hors du commun, comme lui. Si le statut de Goethe/monument de la littérature vous rebute, oubliez tout cela et lisez ce livre superbe pour ce qu'il est : une oeuvre riche, agréable , vive, fascinante.

Meurtre d'un gigolo
par (Libraire)
17 septembre 2012

Meurtre d'un gigolo

Notre héroïne gagne bien sa vie en tant que spécialiste de la sécurité informatique,en fait hackeuse professionnelle. Les nuits,elle les passe dans sa boîte, Q.G. de ses copines travesties, transexuelles,et étapes intermédiaires. Il lui arrive aussi de mener des enquêtes criminelles à titre privé et gracieusement (Ah,la grâce...). Elle est vexée lorsque sa meilleure amiedrag queen du tonnerrela compare à Miss Marple, elle se verrait plutôt en Emma Peel de la série Chapeau melon et bottes de cuir. Il faut préciser que notre détective privé, en plus de son exquise féminité, a un très bon niveau de boxe thaïe et d'aïkido, ce qui est bien pratique. Mais son modèle absolu est Audrey Hepburn. Quand elle rencontre l'avocat Haluk, d'une beauté sublime, elle a tout de suite le coup de foudre (son seul défaut:il est mariémais c'est un détail). Notre intrépide se lance avec enthousiasme dans une enquête de meurtre car l'accusé est le beau-frère du bel avocat, qui mène la défense. C'est une occasion de le voir, lui parler, gagner son admiration. Mais Haluk est insensible à son charme et d'autant plus préoccupé que l'affaire devient toujours plus compliquée et dangereuse. Il va y avoir encore une mort... Un polar loufoque et drôle à travers les classes et quartiers d'Istanbul, avec des personnages hauts en couleur même quand ils ne sont pas maquillés.

La Castiglione vies et métamorphoses, vies et métamorphoses
22,50
par (Libraire)
17 septembre 2012

La Castiglione. Vies et métamorphoses

Tout le monde était d'accord : elle était d'une beauté stupéfiante : Même la princesse - »Je ne suis pas jolie, je suis pire » -de Metternich le disait. Son photographe Pierson regrettait qu'aucune photo ne lui rende justice. On la surnommait « La belle et la bête » mais elle était intelligente. Par nature, par éducation elle n'avait aucune grâce sociale. On trouvait qu'elle manquait de charme, de conversation. En fait, elle ne faisait aucun effort pour être agréable avec ceux qui ne l'intéressaient pas (la majorité), et quand elle s'ennuyait (souvent) elle ne le cachait pas. Tant qu'elle était maîtresse de l'empereurpendant un an et elle n'avait que 20 anselle pouvait se le permettre, mais même la beauté parfaite devint lassante. Jeune encore elle commença à mener une vie très retirée. Elle-même était « infatuée de sa beauté ». Elle se lança dans les séries de photos afin de la fixer dans des centaines de permutations. C'était elle qui décidait de tout : les poses, les costumes, les coiffures, les décors et accessoires, les « mises en scène », Pierson n'étant que le practicien. (Elle s'intéressait peu à l'éclairage maisl'exception- il faut voir le sublime « Bal d'opéra », reproduit dans ce livre.) Elle remplit son intérieur de ces photos. A l'Exposition Universelle de 1867 elle demanda une carte d'exposante qui lui fut refusée car elle n'était pas elle-même photographe. Avec les ans elle devint toujours plus asociale et excentrique. La beauté se fana. Vers la soixantaine elle retourna chez Pierson et ces photos de ses dernières années aussi sont troublantes. Une biographie solidement documentée de cette femme étrange et malheureuse dont les images fascinent encore.

Sept maisons en France
20,30
par (Libraire)
17 septembre 2012

Sept maisons en France

1903-1904. Yangambi sur le Congo. 17 officiers belges, 170 sous-officiers et hommes de troupe congolais surveillent ce coin du jardin africain du roi des Belges Léopold II. Les hommes doivent acheminer le caoutchouc vers la capitale et empêcher les récolteurs de prendre la fuite, au fusil si nécessaire. Mais Sa Majesté a des ces avarices d'homme très richeles cartouches coûtent cher et il faut en justifier chacune. On ne demande pas de montrer un cadavre, une main suffit. A part cela la vie est monotone et les Belges trompent leur ennui avec le jeu, la boisson et les femmes. Pour éviter les maladies ,un tel se fait livrer chaque semaine une vierge piochée dans un hameau des environs. Il mène aussi un florissant trafic clandestin d'ivoire et de bois précieux (un ami à Bruxelles,proche du roi,s'occupe du côté belge de l'affaire). Tel autre se sent vieillir et rêve de séduire la femme de son supérieur. Encore un autre fait des économies car il veut monter le meilleur bordel d'Anvers. Sa famille est "très connue" dans cette villesurtout de la police. Chryostome, le nouveau, mériterait plus de se nommer "Fusil d'or"meilleur tireur du Congo, mais taciturne, sobre et d'une chasteté exaspérante. Et les Congolais? Il y a surtout Livo, intendant du club des officiers,parfaitement compétent et stylé. Tiens, si on lui donnait un emploi au futur bordel, la touche originale? Il y a de vagues rebelles, quelque part, une menace sourde, invisible. Le roi viendra-t-il au Congo avec sa maîtresse (croqueuse de diamants mais le caoutchouc peut aussi faire l'affaire)? Il sera question aussi d'un journaliste, d'un évêque et d'une statue. A la fin du roman plusieurs de ces personnages sont morts et pas de leur belle mort. Atxaga a le don de parler du mal,fruit de la sottise, avec un humour distancié et ici très froid!

Louise Élisabeth Vigée Le Brun, histoire d'un regard
25,00
par (Libraire)
17 septembre 2012

Louise Elisabeth Vigée Lebrun

Un talent immense, une vie extraordinaire, des 'Souvenirs' passionnants. Et avec cela, jolie, charmante, spirituelle. Elle mena sa carrière avec intelligence et tact, naviguant entre les écueils particuliers aux femmes artistes, aux femmes en général, dans une société hypocrite et misogyne sous un vernis de tolérance...Elle n'entendit pas cacher son talent sous un boisseau et gagna de grosses sommes avant la Révolution,même si elles atterrissaient entre les mains de son mari(mais n'y restaient pas, Monsieur était dépensier). Puis, fin 1789 elle partit avec sa fille pour un voyage en Italie de quelques mois, croyait-elle, en attendant que les choses se calment en France...Elle n'y retournerait que douze ans plus tard, ayant vécu en Italie et en Russie, en passant par l'Autriche et l'Allemagne. Le lecteur de ses 'Souvenirs' est conquis par son charme et sa vivacité, ne peut qu'admirer sa force de caractère. Que reste-t-il à faire pour le biographe? (Presque) tout pardi! L'auteur a consulté documents officiels et contrats, manuscrits des 'Souvenirs'où Vigée Lebrun est parfois plus franche que dans la version impriméeet correspondances. La biographie restitue ce que le peintre préféra taire, ne savait pas, considérait sans intérêt... Ceci est de loin la biographie la plus approfondie et complète de l'artiste. C'est le pendant des 'Souvenirs', le portrait vis-à-vis de l'autoportrait. Fascinant.