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Alexandra C.

Les fleurs sauvages

Fayard/Mazarine

22,00
par (Libraire)
25 mai 2019

Héritage et secrets

Alice Hart a depuis toujours été entourée par les fleurs. Lorsqu’elle était petite fille, sa mère en cultivait beaucoup dans le jardin qui entourait leur maison au bord de l’océan. Cette passion était pour elle une sorte de refuge qui la protégeait des violences conjugales. A chaque jour son lot de coups et d’humiliations. Alice, elle aussi, subissait les foudres de ce père imprévisible et violent. Lorsqu’elle a neuf ans, ses parents meurent dans un incendie. Alice, devenue muette, est alors recueillie par sa grand-mère paternelle dont elle n’avait jamais entendue parler auparavant. June emmène alors Alice dans sa propriété, une ferme horticole, loin du rivage australien, qu’elle a hérité de sa mère qui elle-même en avait hérité de la sienne. Dans cette ferme, June accueille des femmes qui ont eu des accidents de vie, c’est là qu’elles viennent se reconstruire en faisant pousser des certaines de variétés de fleurs dont elles apprennent le langage. Chaque fleur a sa propre signification et vient remplacer les mots qui ne peuvent pas être dits. Alice, en grandissant, retrouvera l’usage de la parole et apprendra, elle aussi, le langage des fleurs. Mais elle se pose bien des questions: pourquoi n’avait-elle jamais entendu parler de sa grand-mère? Comment ses parents se sont-ils rencontrés? Pourquoi son père était-il fâché avec June? Pourquoi June garde le silence? Alice veut comprendre et June lui a promis qu’elle lui raconterait toute l’histoire de sa famille. Mais quand? Les secrets sont un véritable et insidieux poison qui détruit tout sur son passage. A travers cette saga familiale remplie de zones d’ombres, Holly Ringland met en scène, avec un grand talent, la flore de son pays, la force de la nature, la transmission, le poids et le pouvoir destructeur des secrets. Ce très beau roman est passionnant et extrêmement émouvant.

L'appel
22,00
par (Libraire)
22 mars 2019

Sport, amour et succès

Richard est un tout jeune homme un peu empoté, pas très à l’aise avec son corps. Il fait du saut en hauteur depuis des années au grand désespoir de ses entraineurs et sous le regard moqueur de ses camarades. Il rit d’ailleurs également de lui-même.
Mais à force d’entrainement, d’entêtement, il découvre une nouvelle façon de sauter, il affine sa technique. Il se bat contre tous et impose coûte que coûte son saut. Il a une grande confiance en lui. Cette confiance le mènera loin, jusqu’aux compétitions les plus reconnues.
Je recommande vivement la lecture de ce roman initiatique où l’on rencontre un adolescent américain dans les années 60 qui découvre l’amour, se jette à corps perdu dans la pratique de son sport et échappe de peu à la guerre du Vietnam.

La Rue de l'ours
par (Libraire)
14 novembre 2018

Souvenirs et nostalgie

Serge Bloch, dessinateur de son état, illustrateur des « Max et Lili » entre autres, a demandé à Marie Desplechin de l’aider à poser des mots sur les pages de son livre. Des mots doux, des mots tendres, des mots d’amour pour évoquer les siens. Il est issu d’une famille juive installée au cœur de Colmar, dans la rue de l’ours. C’est là qu’est nichée la boucherie familiale où son grand-père a passé sa vie, ainsi que son père et son oncle. Son père préparait la viande au fond du laboratoire, son oncle se chargeait de la comptabilité et de la clientèle, sa tante de la caisse, tout ceci sous l’œil avisé de son grand-père. Serge Bloch raconte son quartier, les gens qu’il a côtoyés lorsqu’il était enfant, il se raconte ses frères, sa sœur et lui, il raconte sa mère, une femme bien décidée à faire les choses comme elle l’entend. Le temps a passé, beaucoup s’en sont allés et ce texte est l’occasion pour l’auteur de rendre hommage aux personnes qui lui étaient chères. Il nous invite nous aussi, grâce à ce roman extrêmement touchant, à pousser la porte de la boucherie.

La Reine des quiches
par (Libraire)
10 novembre 2018

Drôle et acide

« La reine des quiches » c’est sûrement ce que pense Murielle d’elle-même, mais est-ce bien approprié? Il est vrai que tenir une rubrique animalière dans un magazine télé on peut rêver mieux, que la relation conflictuelle avec une mère peu aimante, que la rivalité avec une sœur parfaite et que ne pas réussir à faire un enfant peut ébranler la confiance en soi. Pour évacuer tout cela Murielle écrit, elle envoie depuis de nombreuses années ses manuscrits aux maisons d’édition, sans succès évidemment. Jusqu’au jour où Antoine Gallimard, en personne, la contacte pour lui annoncer qu’il aimerait publier son roman pour la rentrée littéraire prochaine. Elle n’y croit pas, elle pense qu’on lui fait une blague. Ce roman, elle n’en avait même pas parlé à son mari, elle avait glissé l’enveloppe dans la boite aux lettres, comme elle le fait toujours, presque machinalement. Et c’est ce texte que tout le monde va pouvoir lire, un roman sur la stérilité, sujet qu’elle connaît bien. Elle y a mis en scène une femme stérile qui décide de faire l’amour avec des inconnus de manière compulsive. Mais ce coup de projecteur soudain, ce succès, cette notoriété dont elle n’est pas coutumière la déstabilise. Comment assumer tout cela? Elle ne pense qu’à se cacher dans un petit trou de souris, se faire oublier et retrouver la tranquillité de sa vie bien rangée. Un roman drôle et acide qu’il ne faut surtout pas hésiter à ouvrir. Très bon moment assuré.

Le Roi disait que j'étais diable
par (Libraire)
22 septembre 2018

Aliénor d'Aquitaine, reine de France.

Comme toujours, quand Clara Dupont-Monod sort un roman, je le lis avec curiosité. J’aime beaucoup sa manière d’écrire et c’est toujours avec le plus grand plaisir que je découvre les personnages qu’elle a choisi de dépeindre. Cette foi-ci, c’est sur Aliénor d’Aquitaine et son époux, le Roi Louis VII, qu’elle s’est penchée. Aliénor est une femme de caractère, qui sait ce qu’elle veut, elle aime le pouvoir, la guerre et souhaite que le Roi se comporte comme tel. Louis VII, quant à lui, préfère Dieu, la prière et se laisse bien souvent dicter sa conduite par son conseiller, un prêtre. Il aime profondément sa femme, l’admire, l’amuse parfois, mais elle finit par le pousser à faire des choses qui vont à l’encontre de ses propres convictions. Tout chez ces deux-là s’oppose et c’est de façon certaine le pays qui en fait les frais.