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Sylvie M.

par (Libraire)
17 septembre 2012

Limonov

Entre reportage et roman, Emmanuel Carrère retrace la vie d'Édouard Savenko, dit Édouard Limonov. Poète d'avant-garde sous Brejnev, il émigre à New York en 1979, s'installe à Paris dans les années 80, retourne en URSS en 1989 où il assiste à la chute du communisme et au rétablissement de la Russie. Chef du parti néo-bolchevik-nationaliste (les nasbols), il prend parti du côté des Serbes dans le conflit serbo-croate, mais soutient aussi la journaliste Poliktovskaïa, puis fait de la prison pour ses positions anti-Poutine. Avec un ton juste, Carrère retrace dans le détail la dissidence des années 70 en Union Soviétique, la dèche à New York où il finit par atteindre une certaine notoriété par ses livres : on y croise Noureev, Warhol, Soljenitsyne, Sakharov. Puis à Paris, Jean-Edern Hallier, qui les ouvre les pages de sa revue,L'Idiot international, Sollers ... et tout le milieu intellectuel des ces années-là. L'expérience de la glastnost de Gorbachev le pousse à retourner dans son pays natal où la déception vient bien vite remplacer l'enthousiasme né de l'écroulement du système soviétique. Carrère montre bien que ce que les Occidentaux prennent pour une libération est très vite vécu par les Russes comme une humiliation de leur pays. L'arrivée de Poutine au pouvoir, .... Le propos c'est bien sûr de montrer l'engagement ininterrompu de Limonov dans son temps. Ce livre laisse le lecteur à la fois fasciné, admiratif, mais aussi critique dans certaines des prises de positions de Limonov, car l'Histoire n'est jamais écrite d'avance. S'il restitue très bien les événements marquants en Europe ces 50 dernières années, l'auteur nous fait également réfléchir sur ce qu'est l'engagement.

Le Dilettante

20,00
par (Libraire)
17 septembre 2012

La zonzon

Une fois entré dans la Zonzon (la prison, bien sûr!), vous ne voudrez plus en sortir ! Un prof de philo essaie d'élargir l'horizon intellectuel des taulards (Roms, bandits marseillais, trafiquants,..). Il leur apporte des livres car "les livres sont des armes de construction massive et des machines à fabriquer la liberté". Alain Guyard, en virtuose de l'argot, écrit un roman très captivant sur le milieu de la prison (sujet peu traité dans la littérature d'aujourd'hui), avec un regard sans concession sur l'incapacité de notre société à respecter les détenuset les réinsérer. Voici un livre très bien construit, qui se lit comme un polar, et avec ce qu'il faut d'Amour ! On se régale aussi grâce une écriture très étudiée, argotique et tonique. Tout sauf misérabiliste !

par (Libraire)
17 septembre 2012

Le rabaissement

En 120 pages bien condensées , la chute puis la renaissance d'un acteur sexagénaire. Toujours aussi percutant, Philip Roth nous livre un nouvel opus caractéristique de son oeuvre : le désir face à la difficulté de vivre sa vieillesse. Un court roman plein d'allégresse malgré une fin sans concession.