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Rosalie R.

Ordesa
23,00
par (Libraire)
5 septembre 2019

« Le présent n’est pas un mystère mais dès qu’il devient passé il est énigmatique ».
Ces quelques mots contiennent à eux seuls toute la quintessence du projet littéraire de Manuel Vilas : Comment surmonter le vide existentiel engendré par le décès de ses deux parents ? En cherchant à comprendre qui ils étaient vraiment, l’auteur tente de contrer ce pouvoir extraordinaire que possède la mort de doter la vie de tout être humain d’une signification inattendue.
Dans ce livre intimiste à souhait, Manuel Vilas fait le récit pêle-mêle de son enfance dans une famille modeste de l’Espagne des années soixante dix. Au travers de courts chapitres et de scènes aléatoires de la vie, il part à la recherche d’une éventuelle communion d’existences avec ses chers disparus. En quête de l’ultime approbation, il fait revivre avec une rare émotion la parenté que la mort a eu l’audace de dissoudre.
Au fil des pages le temps choisit parmi les souvenirs, les épure et les transforme en poésie.
"Ordesa" est un livre extraordinaire, profond, intelligent et d’une indicible tendresse.

La Vie en chantier

Éditions Gallmeister

23,60
par (Libraire)
2 septembre 2019

Quel bonheur de retrouver le merveilleux talent de Pete Fromm avec ce nouveau roman au grand coeur ! Il a ce don unique d’exprimer les désarrois les plus profonds avec une sincérité et une simplicité si déconcertantes. Sans détours ni bavardage, il laisse l’émotion naviguer pour mieux saisir son authenticité et l’envelopper, révélant avec pudeur l’essence même de ce que peut être le chagrin.
Taz et Marnie viennent d’acheter une maison dans un état lamentable dans le Montana lorsque leur premier enfant vient au monde. Mais la tragédie frappe : Taz rentre seul de l’hôpital avec leur nourrisson, la petite Midge, dont il doit s’occuper malgré la sidération dans laquelle le drame l’a plongé.
Vous ne pourrez que tomber amoureux de tous les personnages qui gravitent autour de ce jeune père éploré et qui s’attellent à planifier son indispensable retour au monde : il y a Rudy, son meilleur ami qui fait le guet quotidiennement sous le porche à l’affût des moindres signes d’une éventuelle renaissance. Elmo, la baby sitter, par sa présence dévouée s’occupe avec amour du bébé pendant que son père, menuisier ébéniste, travaille sur les chantiers.
« La vie en chantier » est la magnifique histoire d’une survie et d’une résurrection et de tous les errements qui les accompagnent. Mais au-delà de la perte, c’est surtout un grand récit d’amour, d’amour conjugal, filial et amical ; l’émouvant portrait d’une vie qui ondule au bord d’un précipice et tente de s’accommoder tant bien que mal du désastre qui l’a fait vaciller.
ADMIRABLE

A sang perdu
21,50
par (Libraire)
26 août 2019

Hypnotique et saisissant sont les premiers mots qui viennent à l’esprit pour qualifier ce premier roman d’une jeune américaine à la tête d’ange. Une nouvelle voix puissante à l’écriture viscérale que nous devrons suivre désormais de très près.
Wyatt et sa sœur jumelle Lucy vivent seuls dans le ranch familial dans le Comté de Box Elder au coeur des paysages hostiles de l’Utah. Un soir, alors qu’ils peinent depuis le décès accidentel de leur père à faire survivre leur cheptel, une gamine crasseuse et endiablée abat de sang froid quatre bêtes. Déterminé à récupérer l’argent correspondant à la perte de son bétail, Wyatt décide de poursuivre la meurtrière ; s’en suit une course folle et cauchemardesque dans le désert plombé par la chaleur d’août dans lequel coyotes et vautours rodent inexorablement à l’affût de cadavres.
Chaleur, mort, sang, poussière collent à la peau tout le long de ce roman infernal d’une violence extrême. Soyez prêts à souffrir de faim de soif et de terreur dans des paysages à couper le souffle.
Un talent prometteur et captivant.

Athos le forestier
par (Libraire)
19 août 2019

C’est avec une certaine émotion que nous retrouvons pour cette rentrée un premier roman grec aux Edititons Cambourakis qui ont l’immense mérite de faire découvrir une littérature peu connue mais d’une indéniable qualité.
Maria Stefanopoulou revient sur l’holocauste de Kalavryta en décembre 1943 durant lequel les allemands, en représailles à la mort de 81 soldats tués par des résistants, ont exécuté 1500 hommes d’un petit village du Péloponnèse avant de l’incendier.
Suite au décès de son jeune fils Giannos, Athos le forestier qui souffre d’aphasie et d’hypermnésie, s’éloigne de sa femme et de sa fille pour se retirer dans une cabane dans les bois. Rare survivant du massacre, il ressent néanmoins la culpabilité de la victime, celle d’être vivant et décide par son isolement de rompre avec les hommes pour ne pas éprouver le désir de se venger. C’est seulement au cœur des montagnes qu’il trouve la paix de la vérité dans la forêt qui ne connaît ni victimes, ni bourreaux, ni héros.
Au travers du récit de sa fille Margarita et de sa petite fille Lefki se dessine le portrait d’une âme profonde et indépendante qui a fait vœu de demeurer dans l’obscurité afin de penser le monde sans se laisser distraire.
« Athos le forestier » est un roman absolument magnifique dont la langueur et la précision de l’écriture rendent un superbe hommage aux vertus de la nature.
L’émouvant portrait d’un mutique altruiste qui a reçu le Prix de l’Académie d’Athènes en 2014.

Parmi d'étranges victimes
par (Libraire)
18 août 2019

« Pouvoir me moquer de ce qui m’entoure est le seul degré d’intelligence auquel j’aspire ». Rodrigo, 27 ans, travaille comme « administrateur de connaissances » dans un musée de Mexico. Totalement soumis aux secrets desseins du destin, ce singulier garçon attend la survenue de leurs absurdités et s’enlise dans un ennui létal en se contentant de mener au grand dam de sa mère une vie misérable et peu honorable.
Hostile à tous projets de vie, il s’adonne à une collection de sachets de thé usagés et à l’observation attentive de la poule qui a élu domicile dans le terrain vague qui jouxte son modeste appartement. Victime d’une plaisanterie potache, il se retrouve marié à contrecœur à une secrétaire pour laquelle il n’a que mépris mais accepte néanmoins les risques et les responsabilités inhérents à son nouvel engagement.
Dans une logorrhée fantaisiste et désinvolte, le jeune auteur mexicain nous entraîne avec ce premier roman dans un lyrisme de l’absurde dont la littérature latino américaine a le secret. Les tribulations de son anti-héros révèlent au travers d’un hymne à la nonchalance un regard désabusé sur le monde non dénué de tendresse.
Un roman vif et croustillant empreint d’une délicieuse auto-dérision sur les mystères de l’inertie humaine.