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Olivier L.

Le Vieux roi en son exil
par (Libraire)
25 octobre 2012

Père dû et retrouvé

Alzheimer est une maladie sans pitié. Il est pourtant parfois de ces miracles qui bouleversent l'inéluctable et dénichent la vie jusque dans son terme annoncé. Tendre et magnifique.

Dans ce récit autobiographique, Arno Geiger nous parle de la déchéance de son père atteint de la maladie d'Alzheimer. Tout est rendu plus difficile encore entre le père et le fils, alors que leur relation était déjà entre distance et tension. C'est pourtant dans cet affaiblissement d'un homme peu commode et la découverte, pour le fils, de la tendresse qu'il éprouve pour le vieil homme qu'une nouvelle rencontre va progressivement se tisser, malgré l'oubli, malgré cette maladie qui isole et angoisse.

14
par (Libraire)
10 octobre 2012

L'art du maître

Après trois biographies littéraires, Jean Echenoz revient au roman, et c'est pour nous donner le livre d'un maître. Avec ce texte très court, il évoque la grande guerre dans son ensemble, ce qui l'a précédée, ce qui l'a suivie, dans une forme aussi sobre que son titre. Comme toujours avec Echenoz, on a l'impression de pouvoir raconter l'histoire en quelques mots, et comme d'habitude il nous fait voir ce que voient les personnages, et vivre dans leur temps. C'est son sortilège, vous n'avez que quelques lignes pour y échapper.

Avant la chute
19,00
par (Libraire)
10 octobre 2012

Mondialisation, le roman

Lorsqu'on lui pose la question, Fabrice Humbert précise qu'il écrit, depuis "La fortune de Sila", des romans économiques. S'il met en scène l'économie, il le fait comme une divinité du temps présent, qui joue avec les hommes comme jadis les dieux grecs. Dans cette mythologie moderne, il donne corps et chair à l'histoire au travers de personnages en prise avec la violence d'une mafia mondialisée. Pour ce dernier opus en effet, Fabrice Humbert met en scène l'économie parallèle de la drogue, de la Colombie aux banlieues déshéritées de région parisienne, deux familles dont le destin va basculer. Sans concession, brutal et littéraire, il nous raconte notre temps à la manière d'un formidable narrateur.

Le Maréchal Absolu
par (Libraire)
10 octobre 2012

Rabelaisien et terrible

C'est l'énorme livre de la rentrée. Par sa taille, par son propos, par son style, seuls des superlatifs peuvent lui convenir. Pierre Jourde a déjà prouvé que sa littérature a de l'estomac ("La littérature sans estomac", "Festin secret"), et qu'il sait se faire monstrueux ("Littérature monstre", "La cantatrice avariée"). Ici, on peut parler d'un ogre (quel monstre a autant d'estomac ?), dont on va explorer la chute en quatre temps, à quatre voix : celle de son double, la sienne, celle de son espionne et celle de son serviteur. On ne prend jamais en pitié ce dictateur détestable, mais son histoire terrifiante fascine, d'autant que l'auteur nous entraîne aux confins du fantastique, dans un univers où l'horreur côtoie la politique, et où la dégradation, la trahison et la duplicité règnent en maître. Mais c'est peut-être encore le comique qui l'emporte, le comique du vertige, le rire du bord du gouffre, dans ce grand roman digne de Rabelais et de Cervantès.

Daytripper, au jour le jour
par (Libraire)
10 octobre 2012

Daytripper

C'est au milieu des Batman et autres comics du catalogue DC, dans la collection Vertigo (Fables, 100 bullets...) que j'ai découvert Daytripper. Ici, pas de super héros, mais la vie ordinaire de Brás de Oliva Domingos, ses angoisses, ses joies, ses morts! Vous me direz, pourquoi SES morts car celle-ci revêt habituellement un caractère définitif! Tout simplement parce que les auteurs ont choisi de le faire mourir à des âges différents, tout en ne nous racontant pas son histoire dans l'ordre chronologique... Compliqué? Pas du tout, c'est surtout assez malin car les morts donnent de la valeur à la vie, aux choses qu'il lui restent à dire, aux évènements qu'il vivra, ou pas!