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Pascale B.

Inconditionnelles
20,50
14 avril 2021

Trois fillettes sont sauvées d’un kidnapping, leur geolier abattu. Les familles récupèrent leurs enfants et leurs différentes séquelles suite à leurs séquestration et maltraitance.
Silke, enquêtrice déterminée et intuitive, chargée de l’affaire, soupçonne l’existence d’un complice pervers.
Quant aux trois mères, elles deviendront « inconditionnelles » et perspicaces, guidées par leur colère et esprit de vengeance

Marlène Charine nous incite à en découvrir plus sur la vie de ces familles, de la policière, leur passé, leurs relations.

Cette intrique, vivante, est très féminine et intuitive. Le scénario est bien ficelé, les personnages justes, dévoilant un suspense par rebonds vers un dénouement malin et puissant.
Une manière inédite de présenter une enquête chorale sensorielle étalée sur deux périodes.
Très bien.

D'Amour et de guerre
19,90
9 avril 2021

Bijou d'humanité

Beau titre qui résume bien l’importance de l’amour comme seule arme pour supporter la traversée d’une guerre ……

Adam, jeune Kabyle, est confronté aux événements de la guerre 39-45, enrôlé de force vers le front pour défendre la France, puis déserteur et fait prisonnier par les Allemands. Il a 20 ans, est éperdument amoureux de Zina, et n’est pas épargné par les épreuves atroces qu’il traverse avec courage aux côtés de ses compagnons d’infortune, déracinés, les « Pas Grands Choses ».
L’espoir de revenir au pays et de réaliser ses rêves avec son grand amour le soutient et colmate ses lambeaux de souffrance.


La lecture est addictive, ponctuée de rebondissements, les personnages sont attachants, Akli Tadjer nous livre avec subtilité ce périple, d’une plume généreuse ponctuée d’humour, de poésie, d’émotions, atténuant la violence, l’injustice du nazisme et du racisme, les aléas de l’exil….et tous ces hommes brisés par la guerre.
Le fait d’ignorer le vécu de Zina en parallèle rajoute au suspens.

Ce récit de guerre vécue par une population locale algérienne et coloniale solidaire est méritant. L’auteur en fait un roman rayonnant et bouleversant. Bravo.

« J’ai raconté ma vie de croque-mort, la faim, la boue, la maladie, les lendemains qui ne chantent jamais, l’odeur du pavillon des morts vivants qui me collera à l’âme pour toujours »
« Zina et moi avions décidé d’accrocher nos étoiles à la même charrue depuis longtemps »

Comme des bêtes

Violaine Bérot

Buchet-Chastel

14,00
9 avril 2021

Village en colère

Dans un petit village isolé en montagne, la découverte d’une petite fille déclenche des interrogatoires de gendarmerie auprès des habitants.
Près de la grotte aux fées, Mariette vit avec son fils, différent, baptisé « l'Ours » qu’elle protège des autres.
Chaque intervenant, par son scénario, dévoile la réalité de cette famille et la vraie personnalité de ce géant muet et craintif.

Violaine Bérot bâtit avec justesse son récit choral en alternant des passages poétiques sur les fées et un enchainement de témoignages ; dénonçant l’exclusion, prônant l’amour maternel et s’amusant des croyances.
Malgré un parler familier et impitoyable, ce récit est d’une grande sensibilité face à la tragédie en route…………

Compliment pour cet impressionnant texte de colère, un conte de fée se mouvant en drame, un bijou d’inventivité dans sa forme et son échafaudage.

La Sirène, le Marchand et la Courtisane
6 avril 2021

Sirène géorgienne

En 1785 à Londres, le négociant Hancock récupère une mystérieuse sirène pêchée en mer de Chine, l’exhibe et fait fortune. Il s’entiche d’Angelica Neal, belle courtisane astucieuse et séductrice, dont il veut obtenir les faveurs.

Un tantinet fable car ponctué de fantastique, ce roman n’en démontre pas moins, et avec humour, les faux-semblants de la société aristocratique de l’époque, la convoitise, les rivalités commerciales, les bas-fonds populaires, la situation complexe des femmes et le libertinage.
Fresque historique documentée avec une galerie de personnages variés et pittoresques.

Malgré quelques longueurs, l’histoire est cocasse et imaginative, l’étrangeté de cette sirène nous mène vers une fin curieuse.

A noter que la couverture du livre se démarque par un velouté au toucher qui rend la lecture bien agréable.

Ce que nous confions au vent
3 avril 2021

"Le vent est la respiration de Dieu"

Au milieu d’un immense jardin au pied du mont Kujira-yama, se dresse une cabine téléphonique destinée aux victimes du tsunami du 11 mars 2011 et point de départ d’une reconstruction lente de lambeaux de familles éclatées et dispersées ; d’une rencontre de deux inconnus, Yui et Takeshi, en route vers la même destination du souvenir.
Ce récit, inspiré par un endroit réel, est un hommage aux époux Sasaki qui sont à l’origine du téléphone du vent de Bell Gardia et gardiens de ce lieu de résilience empreint de spiritualité où les japonais viennent soulever le combiné et parler dans le vent à leurs disparus.

Cette histoire subtile regorge d’empathie, de poésie, de sentiments, de candeur ; puis d’hésitation, de doute …. Belle prose.

« Le vent en fit sa chose et la ballotta comme il l’eût fait d’une boîte vide »