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"Trouver refuge" (Gallimard)
Avec Christophe Ono-dit-Biot
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Tout est allé très vite : d’abord, des gestes d’intimidation, puis des menaces directes. Un soir, Sacha et Mina décident de fuir la France avec leur petite fille Irène. Ils laissent derrière eux un pays qui a plongé dans le nationalisme, l’ignorance et l’intolérance, dirigé par un nouveau Président qui a lancé des hommes après eux. Quel secret explosif veut-il protéger ?
 
Pour se mettre à l’abri, ils ont le projet insensé de rejoindre le mont Athos, sanctuaire érigé de monastères fortifiés où l’on vit encore selon les règles byzantines. Il est interdit aux femmes depuis le xie siècle, mais il a toujours protégé ceux qui y cherchaient refuge. C’est un havre de paix à la beauté solaire et sauvage, une presqu’île vouée au silence et aux prières, coupée du monde.

Brutalement séparé de Mina, Sacha s’y retrouve avec sa fille, qui découvre, émerveillée, les rites et les récits de cet éden bordé par la Méditerranée ainsi que les joies prodiguées par une nature grandiose. Mais le danger les guette à tout instant. 

Déterminée à tenter l’impossible, Mina parviendra-t-elle à sauver sa famille ? 

Ode lumineuse à la transmission d’un père à sa fille, bouleversant portrait de femme, ce roman est une invitation à trouver refuge dans l’amour et les livres, la nature et la beauté. Il célèbre aussi magnifiquement l’Histoire et les histoires dont nous sommes faits, et dont notre monde est façonné. 

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Christophe Ono-dit-Biot est né au Havre en 1975. Après Birmane (prix Interallié 2007) ou Plonger (Grand prix du roman de l’Académie française et prix Renaudot des lycéens 2013), Trouver refuge est son septième roman.


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John Ruskin (1819-1900) demeure inexplicablement méconnu en France. Pourtant cet Anglais, exact contemporain de la reine Victoria, parfaitement francophile, est certainement l’un des esprits les plus originaux en Europe occidentale au milieu et dans la seconde moitié du XIXe siècle. Très éclectique, Ruskin est à la fois écrivain et dessinateur, critique d’art (il est le champion de Turner) et polémiste, soucieux de l’éducation des enfants et attaché au sort des plus démunis, fasciné par la nature et forgé par la religion. De ces composantes, parfois antagonistes, naît une personnalité polymorphe, savoureuse, voire irritante…

Ce livre n’est pas un ouvrage « régionaliste » : il rassemble pour la première fois tous les textes de l’auteur consacrés à la Normandie, recueillis dans son immense production littéraire. Il s’attache à retracer scrupuleusement ses parcours, mais aussi à montrer comment chez « ce grand homme » (c’est ainsi que le nomme Marcel Proust, son fervent admirateur et traducteur) le regard sur un territoire combine toujours la jouissance critique de ce qu’il contemple et un élargissement de son analyse vers l’universel.

Ruskin s'est rendu en Normandie à huit reprises, en 1835, 1840, 1842, 1844, 1848, 1854, 1866 et 1880. Ses choix et ses moyens l’ont conduit vers certains des hauts lieux de la province : il a séjourné à Caen, à Rouen et au Mont Saint-Michel, comme à Eu, à Bayeux ou à Saint-Lô. Mais il s’est aussi dirigé vers des sites plus « secrets », comme Falaise, Coutances, Mortain, Caudebec-en-Caux… S’il s’attache à certains monuments, il semble en ignorer d’autres, s’il s’évertue à considérer le volume entier de tel édifice, il peut aussi bien s’employer à en décortiquer soigneusement un détail, et on le voit tout autant s’enflammer dans des louanges que s’abimer dans des anathèmes… : toute la singularité de cette approche est là, dans cette précieuse ambiguïté.

« [T]out le nord de la France […] est pour moi un Paradis perpétuel » a déclaré Ruskin, fasciné par un territoire dont la beauté a été si souvent saisie par de nombreux artistes anglais et surtout par son « dieu », Turner, dont il s’est efforcé de suivre les pas. Sa croyance en la supériorité du gothique français l'a attiré vers la Normandie et à Rouen en particulier, son « apothéose ». Ruskin a d’ailleurs choisi cette province pour son voyage de noces avec Effie – mariage bien éphémère ! –, où le couple est accompagné par un assistant, George Hobbs. Car il s’agit d’un séjour laborieux, pour étudier l’architecture : ainsi le trio voyage-t-il depuis Eu jusqu'au Mont-Saint-Michel, pendant plus de trois mois en 1848. Ruskin récidivera et retournera en Normandie pour renouer avec ses références. Ce travail servira de base à son importante publication, illustrée par lui-même, The Seven Lamps of Architecture (1849).

Ce texte, précisément, a eu une grande importance pour Marcel Proust (1871-1922), comme d’autres écrits de son mentor. Il semblait donc tout naturel de lier, dans le présent volume, le maître et son émule, et de faire suivre la première partie, consacrée au rapport de Ruskin avec la Normandie, d’une seconde s’attachant à celui de Proust avec cette même province.

Car si Proust s’est rendu en Normandie, sur la côte dans les années 1880 et 1890, à Rouen en 1900 (à la recherche d’une minuscule figure sculptée au portail des Libraires de la cathédrale, jadis dessinée par Ruskin), et à Cabourg ou dans les environs chaque été de 1907 à 1914, c’est d’abord pour y retrouver la trace des travaux ruskiniens, comme en un pèlerinage. Mais cette intimité a de loin dépassé ce cadre et ce territoire si proche de Paris, si couru par la belle société du début du siècle, avec Cabourg comme fleuron – où le luxueux Grand Hôtel est le « quartier général » de notre écrivain –, est devenu le domaine évident dans lequel Proust pouvait évoluer. Les sinueux méandres de cette vie élégante et mondaine, désinvolte mais exigeante, frivole mais intense, lui ont offert une abondante et fructueuse matière, propre à alimenter son inspiration dans la construction de son œuvre romanesque, À la recherche du temps perdu. Balbec, la ville imaginée par Proust, ne pouvait être qu’en Normandie…

Dans les pas de Ruskin, Proust se rend à Caen et à Lisieux, belles villes
moyenâgeuses. Il s’émerveille devant les beaux vitraux de l’église de Conches ou de la cathédrale d’Évreux. Il est très sensible aux sonorités des noms normands, parmi lesquels Bayeux, qui lui évoque une ville « si haute dans sa noble dentelle rougeâtre et dont le faîte était illuminé par le vieil or de sa dernière syllabe ». Il visite le château de Balleroy, pour y contempler les tapisseries, et celui de Glisolles, où il entreprend même d’initier les propriétaires, le marquis et la marquise de Clermont-Tonnerre, à Ruskin !

Pour Proust, comme pour Ruskin, on trouvera ici le catalogue méticuleux de tout ce qui le relie à la Normandie, ses séjours bien sûr, mais aussi mille et un détails, parfois furtifs, mais qui sous sa plume acquièrent une singulière valeur.

Ce recueil – fruit d'une fructueuse collaboration britannico-française – vaut tout autant pour le témoignage qu’il livre sur son temps, que par ce qu’il rend compte de deux esprits puissants et libres. Il fait suite à L’Œil de Ruskin. L'exemple de la Bourgogne, publié en 2011 par les mêmes auteurs. Ceux-ci avaient d’ailleurs déjà œuvré ensemble auparavant, pour la préparation de l’exposition présentée au musée d’Amiens en 2003, Ruskin-Turner. Dessins et voyages en Picardie romantique.

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Les auteurs :

Cynthia Gamble est connue pour ses multiples travaux sur Ruskin et Proust. Parmi ses nombreuses publications, signalons notamment parmi les plus récents : Proust as Interpreter of Ruskin : The Seven Lamps of Translation (2002) ; John Ruskin, Henry James and the Shropshire Lads (2008) ; Wenlock Abbey 1857-1919 : A Shropshire Country House and the Milnes Gaskell Family (2015) ; Voix entrelacées de Proust et de Ruskin (2021). Elle est Honorary Research Fellow de l’Université d'Exeter.

Matthieu Pinette est conservateur en chef du patrimoine. Il a dirigé les musées des villes d'Autun, Besançon et Amiens. À Amiens, il a été commissaire général de l'exposition Ruskin-Turner. Dessins et voyages en Picardie romantique (2003), grâce à la collaboration de Cynthia Gamble et Stephen Wildman. Actuellement, il œuvre à la valorisation du Château de Germolles (Bourgogne), ancienne demeure des ducs de Bourgogne (XIVe s.), qui est aussi une propriété familiale.


"L'homme peuplé" (Albin Michel)
Avec Franck Bouysse
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Résumé :

Harry, romancier à la recherche d’un nouveau souffle, achète sur un coup de tête une ferme à l’écart d’un village perdu. C’est l’hiver. La neige et le silence recouvrent tout. Les conditions semblent idéales pour se remettre au travail. Mais Harry se sent vite épié, en proie à un malaise grandissant devant les événements étranges qui se produisent.

Serait-ce lié à son énigmatique voisin, Caleb, guérisseur et sourcier ? Quel secret cache les habitants du village ? Quelle blessure porte la discrète Sofia qui tient l’épicerie ? Quel terrible poids fait peser la mère de Caleb sur son fils ? Entre sourcier et sorcier, il n’y a qu’une infime différence.

Au fil d’un récit où se mêlent passé et présent, réalité apparente et paysages intérieurs, Franck Bouysse trame une stupéfiante histoire des fantômes qui nourrissent l’écriture et la création.

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Franck Bouysse est né et vit en Corrèze. Il a publié une quinzaine de romans couronnés par de nombreux prix, dont Grossir le ciel (La Manufacture de livres, 2014 ; Prix SNCF du polar, Prix Michel Lebrun, Prix Lire en poche…), Plateau (La Manufacture de livres, 2016), Glaise (La Manufacture de livres, 2017 ; Prix des lecteurs de la Foire du livre de Brive), Né d’aucune femme (La Manufacture de livres, 2019 ; Prix des libraires, Prix Babelio, Grand prix des lectrices de Elle…), Buveurs de vent (Albin Michel, 2020 ; Prix Giono) et Fenêtre sur terre (Phébus, 2021).

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