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Parmi les tombes

Tim Powers

Bragelonne

  • 9 octobre 2013

    Un roman qui se déroule à l’époque Victorienne à laquelle se mélange un soupçon de surnaturel et de poésie, voilà qui avait de quoi me plaire. Surtout lorsque l’on connait Tim Powers et sa capacité à imposer une atmosphère. Si « Parmi les tombes » ne manque pas de cachet, l’auteur mélangeant plusieurs ingrédients hétéroclites pour planter son décor, j’avoue que j’ai eu bien du mal à trouver convaincant l’ensemble. Comme si les morceaux ne collaient pas ou qu’il manquait un soupçon de quelque chose pour que la sauce prenne (non, ceci n’est pas une recette de cuisine…). Séparément les divers éléments offraient un potentiel que l’auteur n’a pas su exploiter.


    L’atmosphère de ce Londres Victorien où l’opulence des salons se confronte à la misère des bas-quartiers est très joliment rendue, Tim powers possédant une belle plume qui retranscrit à merveille la dualité de l’époque. De même, l’auteur s’est largement inspiré des poètes anglais (Byron, Shelley, Rosetti) qu’il met en scène dans son roman. L’aspect historique (Algernon Swineburne, Edward Trelawny) côtoie le fantastique et le tout baigne dans un univers poétique qui ne plaira pas à tout le monde. Plutôt que nous introduire dans cet univers cultivé et quelque part mélancolique, Tim Powers nous l’impose (des vers, des extraits, des références parsèment le récit au point que ça en devient barbant). On en vient à perdre le fil d’Ariane que seul l’auteur semble capable de suivre, plongé dans un songe, le sien…

    Dommage, car si Tim Powers peine à convaincre, le récit était pétri de bonnes idées qui avaient de quoi séduire le lecteur. Le fantastique s’immisce insidieusement, sans être poussif, on est loin du « carcan » vampirique que l’on voit à toutes les sauces maintenant. Ici, ils nous rongent l’âme, nous font trembler d’effroi par leur aspect repoussant et Vade Retro Satanas ! Une atmosphère méphitique qui se retrouve malheureusement plombée par un certain statisme, que les personnages, peu attachants, n’arrivent pas à gommer. Il y a peu de chances que vous ayez du mal à fermer l’œil à la lecture de « Parmi les tombes ». Ce n’est pas parce qu’un roman se veut un peu érudit, qu’il faut qu’il soit soporifique, ce que je reproche à Tim Powers qui n’a pas su faire monter la sauce. Bref, un peu déçue après le dynamique « Sur des mers plus ignorées ».