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Benoît XVI. Les défis d'un pape, les défis d'un pape
EAN13
9782841877195
ISBN
978-2-84187-719-5
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
Roman français
Dimensions
23 x 14 cm
Poids
363 g
Langue
français
Code dewey
282.092
Fiches UNIMARC
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Benoît XVI. Les défis d'un pape

les défis d'un pape

De

Archipel

Roman français

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DU MÊME AUTEUR

Histoire secrète de la diplomatie vaticane, Albin Michel, 1997.

Miracles et Sabbats. Journal du père Maunoir,éditions de Paris, 1997.

L'Archipel de Bréhat, L'Ancre d'or, 2001 ; librairie Le Yacht, Paris.

Le Repaire de la loutre, roman, L'Archipel, 2003.

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eISBN 978-2-8098-1336-4

Copyright © L'Archipel, 2005.

À Dorotha et Théodore,
mes bien nommés.

1

Un simple travailleur

De quel nom voulez-vous être appelé ? La réponse du nouveau pape à la question du conclave entre aussitôt dans l'Histoire.

Le nom de Benoît XVI est désormais mondialement célèbre. Un conclave éclair l'a élu en vingt-quatre heures et le tonnerre ne fait que commencer. En un instant, trois cents millions de personnes ont découvert son nouveau visage et entendu sa voix affaiblie par l'émotion. Le cardinal Jorge Medina Estevez l'a présenté au balcon de Saint-Pierre : « Habemus papam ! Nous avons un pape, l'éminentissime et révérendissime seigneur Joseph, cardinal de la sainte Église romaine Ratzinger, qui s'est donné le nom de Benoît XVI. »

Aussitôt, le nouveau pape apparaissait au balcon, entouré de tous les cardinaux. Pour donner sa première bénédiction urbi et orbi, Benoît XVI a demandé à porter la croix pectorale de saint Pie X.

Le cardinal Ratzinger était bien connu des spécialistes, qui l'écartaient de la succession à cause de son âge, soixante-dix-huit ans depuis trois jours, lors de l'élection. Sa nationalité allemande, en dépit de son origine bavaroise, paraissait poser problème. Pour le grand public, on lui avait forgé un sobriquet : le « Panzerkardinal ». Dès que le prénom « Joseph » fut prononcé, les connaisseurs ont immédiatement identifié l'élu.

Il est né le 16 avril 1927 à Marktl, en Haute-Bavière, sur les bords de l'Inn, dans une famille modeste. « Comme nous avons quitté Marktl deux ans après ma naissance, je n'ai d'autres souvenirs que les récits faits par mes parents, mon frère et ma sœur », écrit-il plaisamment dans son autobiographie, document rare pour un pape ! Ces cent quarante-quatre pages rassemblent des souvenirs restés très précis. Pourquoi les interrompre en 1977, lorsqu'il est devenu évêque ? « Ce qui a commencé avec l'imposition des mains à mon ordination épiscopale demeure l'Aujourd'hui de ma vie, explique-t-il. C'est pourquoi je ne peux écrire mes Mémoires à ce sujet1. »

Ajoutons aussi que le cardinal Ratzinger ne saurait parler sans dévoiler bien des confidences et des problèmes qui lui ont été confiés et qui ne lui appartiennent donc plus. Ce secret lie aussi ses interlocuteurs, dont moi-même.

Son père était gendarme. Connu pour son opposition au nazisme, éloigné par le régime en Hongrie, il désertera après avoir été témoin de la déportation des Juifs.

Joseph fut mobilisé dans la défense antiaérienne d'août 1943 à septembre 1944, alors que, déjà petit-séminariste, ce statut le protégeait, en Bavière, contre une affectation plus guerrière. Ce concordat devait tout au nonce Mgr Pacelli, futur Pie XII, dont c'était le premier poste diplomatique. Le roi Louis III de Bavière avait envoyé le chercher un carrosse de gala. C'est en mauvais allemand que le nouveau nonce ânonna son discours, dans la chaleur de l'été 1917. Le dernier Wittelsbach ne cacha pas son ennui profond en écoutant le nonce d'une oreille2. Le dernier roi de Bavière avait signé le concordat d'autant plus volontiers que sa dynastie avait largement ouvert son royaume aux réfugiés prussiens et autres, fuyant le « Kulturkampf », programme anticatholique de Bismarck. C'est dans cette culture de la différence que les Ratzinger ont vécu, sujets du plus catholique des länder. « J'aime tant l'Allemagne que j'en veux deux », disait Mauriac. Et la Bavière est sans doute le plus original, toujours « État libre » sous les couleurs bleue et blanche de la Vierge Marie.

Ordonné prêtre en 1951, Joseph Ratzinger fait ses études à Freising, à un moment où la crise spirituelle et morale de l'Allemagne inspire des remises en cause très sérieuses de toute la culture du pays, comme on peut le comprendre et même le souhaiter. C'est saint Augustin qui est alors son maître, et sa thèse de doctorat porte sur le peuple de Dieu. Un sujet prophétique...

Ses origines, il les raconte par l'histoire et la culture : « Ancienne terre de civilisation celte, ayant ensuite appartenu à la province de Réthie, et restée fière de cette double racine culturelle. » Joseph Ratzinger vient de l'intérieur du limes de l'Empire romain, qui partage encore l'Allemagne. Adolf Hitler aussi venait de ces régions, c'est pourtant là qu'il enregistra ses résultats les plus médiocres aux élections qui le portèrent à la Chancellerie.

Les batailles électorales, que Joseph Ratzinger n'a guère connues en raison de son âge, ont au contraire découvert à tous l'opposition radicale de son père. À la maison, on parlait politique, et bonne politique. La famille de ce simple gendarme fut donc écartée de toute influence, ballottée d'un village à l'autre, pour le bonheur d'un garçon ami des champs, des forêts et des montagnes. « Mais nous sentions aussi que le monde joyeux de notre enfance n'étais pas encore le paradis. »

Ratzinger lui-même, avant de venir à Rome, fut quatre ans archevêque d'une grande métropole, Munich. Le régime concordataire de l'Église en Bavière impose une certaine fixité aux nominations et ces quatre années ne lui ont pas suffi pour imprimer une marque très personnelle. Mais les difficultés pratiques n'ont pas pu lui échapper. Tout cela préparait un bon préfet pour la Doctrine de la foi. Il a expérimenté la souffrance de son prédécesseur à ce poste, Ottaviani, qui se plaignait : « Avant, quand j'étais à la secrétairerie d'État, tout le monde m'aimait bien... »

Ratzinger. Le nom de Jean-Paul II, Karol Wojtyla, n'était-il pas si étrange que la foule avait d'abord cru à l'élection d'un Africain ? En revanche, l'accent de Jorge Medina Estevez n'a empêché personne de comprendre l'acte solennel de présentation du nouveau pape. Ce Chilien avait été nommé le 24 février 2005 par Jean-Paul II au titre de protodiacre, c'est-à-dire premier dans l'ordre des cardinaux-diacres, les plus romains d'entre les cardinaux. Une nomination devenue urgente, puisque le titulaire, le cardinal Poggi, n'avait plus l'âge de participer au conclave.

Les nominations n'ont jamais été une priorité pour le défunt pape. On peut même parler de retard dans les prises de décision. Ce titre honorifique de protodiacre a fait entrer Jorge Medina Estevez dans l'Histoire, devant les caméras et les micros réunis place Saint-Pierre. Détail : cet intellectuel est un ami personnel du nouveau pape. Avec lui, ses amis des fan-clubs on line ont proclamé celui qui est aujourd'hui « évêque de Rome, serviteur des serviteurs de Dieu, vicaire de Jésus-Christ, successeur du prince des apôtres, souverain pontife de l'Église universelle, patriarche d'Occident, primat d'Italie, archevêque métropolitain de la province de Rome, souverain de l'État de la Cité du Vatican ».

Quel formidable bonheur pour Medina Estevez que d'annoncer le choix d'un ami personnel, pour qui il a sans doute voté ! Le soir, le pape est resté dîner à Sainte-Marthe. Tout le monde a chanté, en latin, des cantiques populaires. Aucun repas spécial n'était prêt, il a fallu chercher des glaces au congélateur, mais le champagne français était de la fête. Il ne manquait que les petites sucreries de Noël, auxquelles Benoît XVI ne résiste pas. Au lieu de se retirer dans un appartement d'apparat, le nouveau pape a repris sa chambre de cardinal, puisque les scellés fermaient encore l'appartement officiel.

Qu'on ne s'imagine pas que cette élection fait la victoire d'un clan ou d'une école, celle de la revue Communio, par exemple. Jean-Paul II n'a pas distingué ses bons amis et ses éditeurs. Benoît XVI sera tout aussi impa...
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